Comment se sortir de la dépression ?

par France Missud 

 

Je sais pas comment c'est autour de vous en ce moment, au niveau du moral de vos proches, ou même du vôtre, mais pour ma part, c'est dépression à tous les coins de rue. Si moi je me remets tout juste de ma dernière, je ne compte plus le nombre de mes proches qui sont, actuellement, en train de sombrer. Alors, si on en parlait un peu ? Car, non, ce n'est pas tabou, et, oui, ça arrive à beaucoup d'entre nous, et même, aux meilleurs, comme nous l'a montré y'a quelques jours, Stromae.

  

 

Qu'est-ce que la dépression ?

La dépression, c'est une maladie, psychique, qui toucherait principalement les personnes au terrain génétique propice. À savoir, beaucoup de monde, quand même.

Après un choc, une période difficile, une perte de repères, ou, même, sans raison, un état dépressif peut survenir chez certaines personnes. Disons qu'en ce moment, avec la période toute pourrie qu'on traverse, ça concerne tout le monde. Elle se traduit essentiellement par une perte d’intérêt pour les choses qui nous donnaient envie avant, ou même, pour la vie en général. Alors que nous avons l’impression qu'il nous arrive que des merdes (et il nous en arrive vraiment), petit à petit on parvient de moins en moins à les surmonter et on s'enfonce dans une spirale négative. On ne voit plus les choses qu'en noir, ou alors on ne voit carrément plus rien du tout. On se laisse aller. On ne vit plus, on survit. Les journées passent inlassablement, toute plus ennuyeuses ou difficiles à supporter les unes que les autres. On peut ressentir une grande souffrance constante ou bien le vide complet. On s'isole ou on sursocialise. On dort toute la journée ou plus du tout. On fait trop de choses ou on stop tout. Puis, on peut même penser au suicide quand on finit par ne plus en voir le bout.

 

À quoi ça ressemble concrètement ?

En tant qu'hypersensible avec des prédispositions héréditaires ayant subi pas mal de traumatismes, le tout saupoudré d'une hygiène de vie déplorable, la dépression je connais bien. J'ai même testé quasiment tous les types : classique, saisonnière, heureuse et le p'tit nouveau à la mode : le burn-out. De vraies grosses dépressions dont tu ne ressors pas indemne, si je suis tout à fait honnête, j'en ai vécu quatre. Même si, pour faire moins névrosée, je n'en avoue généralement que deux, je dois arrêter de mentir, la vérité c'est que j'ai passé une bonne partie de ma vie en dépression. Et pourtant j'ai aussi vécu, le plus clair de mon temps, heureuse de vivre. Comme quoi, rien n'est perdu les gars. Je suis la preuve vivante qu'on peut s'en sortir. Même quand on est vraiment très très disposé.

La première a démarré vers mes 11 ans pour s’arrêter à mes 15. Comme 8% de mes congénères, la crise d'ado a été pour moi une véritable catastrophe. Perte d'envie, idées noires, scarification, pensées suicidaires etc... La deuxième s'est déroulée de mes 19 à mes 21 ans. Je me suis amourachée d'un dealer violent, suis tombée dans la cocaïne, jusqu'à en prendre tous les jours et ne plus rien manger, je me suis coupée de ma famille et mes amis et j'ai arrêté les études. De mes 29 à mes 31 ans j'ai vécu une troisième dépression, mais heureuse cette fois-ci. Totalement dans le déni, je n'ai fait que sortir, sociabiliser et abuser des psychotropes pendant presque deux ans. Je n'avais pas remarqué que ça n'allait pas jusqu'au jour où j'ai sérieusement pensé au suicide quand mon scooter est tombé en panne... En réalité ça faisait un an et demi qu'il ne m'arrivait que des galères, je n'avais la force de rien surmonter, je fuyais à chaque problème (comme démissionner toutes les deux minutes) et je ne faisais rien pour réaliser mes projets. La quatrième n'a pas duré longtemps, quelques mois, elle a commencé à la sortie du deuxième confinement, s'est concrétisée par un gros burn-out en règle où j'ai tout envoyé bouler et s'est soldée par plusieurs semaines de grande fragilité.

Vous avez remarqué ? Elles sont de plus en plus courtes. Avec un peu de chance c’était la dernière. On croise les doigts.

 

Alors comment s'en sortir ?

Je me suis remise à chaque fois ! Et à chaque fois, j'ai retrouvé le goût à la vie, et même encore plus qu'avant. Lorsque je n’étais pas en dépression j'ai réalisé pleins de projets et me suis sentie bien pendant de longues années. Et pourtant, c’était pas gagné. Car le plus dur dans la dépression c'est de s'en rendre compte et d'avoir envie de changer ! Mais ce n'est pas impossible pour autant ! Voici quelques conseils qui m'ont personnellement sauvée :

 

1

Arrêter de croire que se sentir mal est une bonne chose, et même, de rechercher cet état, pour, par exemple, être plus créatif ou pour attirer l'attention.

La dépression, pour moi en tout cas, ça se matérialise par une sensation de vide. Par une impression de ne pas se sentir vivant. Et bien souvent, au lieu de chercher à combler ce vide par de la joie j’ai cherché à le combler par du mal-être. Je me trouvais plus intéressante lorsque j’étais torturée. Ce que j’écrivais était plus joli. (Oh, oui, la dépression est bien souvent une affaire d’ego mal placé, hein.) Je ne remarquais pas que le mal que je m’étais fait à me scarifier ado ou à trop sortir adulte, s'il m'avait fait me sentir plus vivante sur le coup, ou s'il m'avait aidée à créer, me faisait, en réalité, plonger, encore un peu plus, dans une spirale infernale. Car le négatif appelle le négatif. S'il est bon d'exorciser ses traumatismes quand ils viennent à son esprit, et qu'il ne faut surtout pas les nier (car, tôt ou tard, ils ressurgissent) se complaire à vivre dedans, sans cesse, sans chercher les solutions pour aller mieux, est une connerie. On croit qu'on est sorti indemne de ce tout « petit » mal qu'on s'est fait mais, en vrai, on se fait sombrer tout seul dans une lente dépression de laquelle il sera, après, beaucoup plus difficile de sortir. Le but de la vie n'est pas de sentir mal pour écrire de magnifiques poèmes sombres, ou pour avoir la sensation de vivre dans une comédie dramatique, mais d’être heureux ! On peut tout aussi bien créer en étant joyeux, on ne créée juste pas le même genre d’œuvre. J'ai écrit mes deux romans alors que je n’étais pas en dépression et ils ont eu leur petit succès.

(C'est parce que je n'ai jamais appliqué ce premier conseil que j'en suis toujours revenue. Être mal, un peu, le spleen, la mélancolie, j'aimais ça. Je pensais que ça faisait parti de moi. Aujourd'hui, j'ai compris. Je ne me laisserai plus jamais me faire du mal pour exister.)

 

2

Arrêter de se dire que ce qui nous arrive est la faute des autres ou de l'univers. Presque toutes les galères qu'on a, nous les attirons car nous sommes négatifs.

De 2017 à 2018, en un an et demi, je m’étais fait voler deux scooters, casser le rétro de ma voiture, j'ai eu deux accidents, je me suis foulé le poignet, j'ai eu une entorse à la cheville, me suis fait opérer des cordes vocales en urgence car on soupçonnait un début de cancer, je tombais que sur des connards et me suis même fait virer (et encore, j'en ai oublié). Je pensais vraiment que le sort s'acharnait et j'avais fini par en conclure que la vie était trop difficile et qu'il fallait l’arrêter une bonne fois pour toute. Puis, j'ai compris que tout ça je l'avais attiré. J'avais choisi un appartement dans un lieu pas sécurisé, à force de sortir et de ne pas dormir, mon corps et mes reflex lâchaient, je n'allais que vers des mecs toxiques ou faisais peur aux bons par mon rythme de vie trop intense, et, j'avais foutu la merde à mon boulot toute seule comme une grande. J'ai réalisé que ce n’était pas la vie qui s'acharnait contre moi, mais moi qui m'acharnais contre moi. C'est quand j'ai enfin arrêté d'accuser les autres, et que j'ai cherché les solutions pour me sentir mieux au quotidien (me forcer à sortir moins, déménager, ne plus prendre mon scooter défoncée, dormir plus etc...) que je m'en suis sortie.

 

3

Arrêter de culpabiliser de ne pas correspondre à ce que les autres attendent de nous, ou de ne pas réussir ses projets.

Quand on est conscient de ne pas être au top et que notre vie ne nous convient pas, on essaie quand même de garder la tête hors de l'eau. On se met alors des objectifs à atteindre en pensant que c'est en les réalisant qu'on va s'en sortir, et comme, bien souvent, on n'y arrive pas car on n'en a pas la force, ou la véritable envie, on finit par se sentir encore plus mal. On culpabilise de procrastiner, de ne pas réaliser ses projets, de ne pas contenter sa famille ou la société. Or, bien souvent, c'est parce qu'on se fixe des objectifs soit trop grands, soit qu'on n'a pas réellement envie d'atteindre.

Je suis sortie de ma dépression de 2018 lorsque j'ai avoué à ma famille (et à moi-même) que je n'avais, en réalité, aucune envie de déménager dans le sud. Cela faisait un an et demi que je travaillais comme une acharnée afin de mettre de l'argent de côté pour acheter un appartement à Marseille. Or, je dépensais toute ma paie dans les sorties et je culpabilisais de ne pas faire ce qu'il fallait pour réaliser mes rêves. Quand j'ai compris que c'est parce que j'en n'avais pas vraiment envie et que j'ai osé assumer faire ce qu'il me plaisait, le jour-même, j'ai senti que j'allais enfin mieux et j'ai commencé à me trouver des projets qui me motivaient. Mettre de côté de l'argent pour déménager dans un appartement qui me plaisait, mais à Paris, n'a pas été long curieusement ! Il faut se poser les bonnes questions : « de quoi je rêve vraiment, moi ? » et non pas « qu'est-ce qui ferait plaisir aux gens que j'aime ? »

 

4

Arrêter de faire semblant que tout va bien, en espérant que les gens lisent entre les lignes.

Non, la plupart des gens ne peut pas deviner nos mensonges. Oui, aussi, parfois, même quand ils voient, ils n'osent pas nous venir en aide. Puisqu'on dit que tout va bien, c'est qu'on ne veut pas d'aide, non ? Faire semblant d'aller bien face aux autres nous permet juste de les garder à distance en leur montrant qu'on est fort et qu'on n'a pas besoin d'eux. Or, sans empathie on ne peut pas recevoir du réconfort, chose dont on a énormément besoin lorsque l'on fait une dépression. Ça serait con que notre égocentrisme nous tue quand même, non ?

Encore un conseil que je n'ai pas suivi jusqu'à la dernière. Depuis l'enfance j'ai toujours fait semblant que tout allait bien. Même si j’espérais secrètement qu'un héros viendrait un jour à mon secours, je n'ai jamais rien montré de peur que mon petit frère et moi ne finissions en foyer. À 19 ans, je ne voulais pas qu'on mette mon petit-ami en prison et qu'on me fasse arrêter la coke. Alors je cachais tout à tout le monde, édulcorant nos disputes et faisant passer notre vie de criminels pour un road-movie passionnel. En réalité, au fond de moi, je reprochais à mes proches de ne pas voir ma souffrance. Je ne comprenais pas qu'on ne lise pas entre les lignes et qu'on ne fasse pas assez d'efforts pour essayer de me comprendre, comme moi je pensais comprendre les autres. Cette impression d’être seule au monde ne faisait, bien entendu, qu'ajouter à mon mal-être. À 31 ans, alors que quelques-uns de mes proches s’inquiétaient tout de même des textes morbides que je publiais sur Facebook et de mon rythme de vie, je niais fermement en leur disant vivre ma meilleure vie de teuffeuse. À ne pas vouloir faire ma victime, à ne pas vouloir montrer mes faiblesses, à vouloir qu'on devine sinon rien, je n'ai jamais reçu le véritable soutien dont j'aurais eu besoin avant de craquer totalement et que ça commence à se voir vraiment. « France, oh ça va, elle gère, elle est si forte ». Ce n'est qu'a mon burn-out l'année dernière, après qu'un pote psychiatre m'ait dit que tout le monde n'avait pas autant d'empathie que moi et qu'on ne pouvait pas deviner ma vulnérabilité si je la cachais, que j'ai enfin arrêter de faire semblant. J'ai enfin osé avouer mes faiblesses. Résultat je n'ai jamais reçu autant d'amour et de réconfort que cette année, et c'est certainement pour ça que je m'en suis remise super vite. Tomber l'ego, arrêter de penser que tout tourne autour de nous, faire des efforts pour se faire comprendre est une étape cruciale dans la véritable et pérenne guérison.

 

5

Demander de l'aide.

Demander de l'aide ce n'est pas un signe de faiblesse, mais de force. C'est prendre sa vie en main. Car non, on ne peut pas faire tout, tout seul. Et surtout pas se sortir d'une dépression. Si vous pensez que vous allez vous en sortir seul, vous vous fourrez le doigt dans l’œil jusqu'au coude. Alors allez-y, n'ayez pas honte, on a tous eu des moments down. Osez dire que vous êtes en souffrance, à un ami, à un membre de votre famille, à un psy ou à tout le monde, mais en tout cas ne vous cachez plus.

Lorsque j'ai eu 15 ans c'est ma famille à Marseille qui m'a sauvée en me recueillant le temps d'une année. Ils m'ont appris ce qu’était avoir une vie de famille normale et à prendre des habitudes saines. Sans eux j'aurais, certainement, très mal fini. À 20 ans, c'est quand j'ai osé appeler ma mère à qui je ne parlais plus depuis plusieurs mois et qui était enfin en mesure de jouer son rôle de tuteur, que tout s'est décanté. Elle m'a éloignée de mon ex violent, m'a réconfortée et s'est occupé de rendre les clefs de mon appartement. En pleine dépression, je n'aurais jamais eu la force de quitter mon petit-ami ou de m'occuper de la paperasse seule. Le fait qu'elle m'ait montré que je pouvais enfin me reposer sur quelqu’un, m'a redonné confiance et m'a permis de me reconstruire petit à petit. Pour la troisième, ma famille et mon ex fiancé m'ont beaucoup soutenue. Et pour la dernière, ce sont des inconnus, les amis, la famille et puis un psy qui m'ont donné le réconfort et l'aide dont j'avais besoin pour enfin me débarrasser de mes derniers démons. Sans le soutien de mes amis je n'aurai pas su que je pouvais être aimée pour qui je suis, sans l'aide matérielle et financière de ma famille j'aurais dû m'obliger à travailler (alors que j’étais au bout de mes forces) et je n'aurais pas eu le temps de chercher, vraiment, profondément, ce qui n'allait pas chez un psy !

(Personnellement, je suis contre les antidépresseurs et n'ai jamais voulu en prendre. Mais sûrement que j'ai remplacé ça par les psychotropes, alors je ne vais pas vous faire de grandes leçons de morale. Même si j'ai vu plus de dégâts que de réussites grâce aux antidépresseurs y'en a quand même sur qui ça marche alors faites bien comme vous le sentez ! Mais sachez que ce n'est pas obligatoire, parfois, seule une thérapie ou du réconfort de la part de proches suffit.)

 

6

Donner le peu d’énergie qu'on a dans un tout petit projet de rien du tout pour commencer à se sentir fier de soi.

L’étape qui déclenche la véritable sortie de la dépression, et ce, même si on reste encore fragile quelques temps après, c'est de réaliser un premier projet. Même un tout petit. Ça peut être se remettre au sport et s'y tenir régulièrement, arrêter une mauvaise habitude, réussir à dire non une fois à un proche toxique, ou même, juste, lire un livre qui nous faisait envie, mais bref finaliser un objectif qu'on s'est fixé. Surtout, ne pas viser trop haut (obtenir un diplôme, mettre vingt-mille euros de côté, quitter son copain avec qui on est depuis des années, faire un tour du monde, etc...) car on prend le risque de ne pas y arriver et de se sentir encore plus mal. Il faut vraiment y aller petit à petit, par de petites réussites. Cela nous permet de nous sentir fier de nous. L'envie revient à chaque étape franchie et on peut, alors, envisager de plus grosses choses.

Quand j’étais ado, ça a été quitter mes mauvaises habitudes comme la clope ou l'alcool (hé oui, déjà à l’époque) puis me faire belle tous les matins et me mettre au sport. À la fin de l'année je me sentais fière de moi, je devenais la femme que je voulais être (du moins paraître). À 21 ans j'ai commencé par arrêter de prendre de la cocaïne tous les jours, puis à reprendre contact avec mes amis, j'ai appris à dire non a mon ex (avec qui je suis très vite retournée évidement) puis j'ai cherché un boulot avec des collègues sympa, etc... Avec le temps, je me suis sentie de plus en plus fière de moi et j'ai compris que je méritais mieux que ce petit ami violent. Ça m'a donné la force de trouver un stratagème pour réussir à le quitter (j'ai mis deux ans mais j'y suis arrivé). À 31 ans, j'ai trouvé le courage de déménager de cette coloc dans laquelle il m'arrivait que des galères et de ne sortir plus qu'une fois par semaine. Et pour la dernière, ça a été m'occuper de ma santé physique et mentale. Au début j'avais juste la force de lire, aller chez le psy et le kiné. C'est ce que j'ai fait et petit à petit je me suis rajouté de nouveaux objectifs tout en faisant bien attention de ne pas m’épuiser. Résultat, hier je me suis inscrite à la fac pour reprendre mes études ! Comme quoi, tout est possible, il faut juste y aller doucement.

La dépression est sournoise car, au début, elle va pas te le montrer ! Tu vas passer quelques soirées à chialer chez toi mais tu vas te dire que c'est passager. Tu vas avoir des comportements destructeurs mais tu vas te dire que tu as bien le droit de déconner de temps en temps. Puis avec le temps, sans même t'en rendre compte, tu vas commencer à penser à te suicider. Dès les premiers signes de mal-être, n'attends pas, n’hésite pas à en parler, car, non, ça ne va pas s’arranger. Si tu sens que tu vas craquer, appelle tes proches, un psy ou le premier venu pour discuter. Demande conseil, lis, écoute, essaie de faire le bilan de ce qui va bien chez toi, de ce qui va mal, et de ce que t’aimerais changer, puis cherche une solution pour te sentir mieux.

  

Et comme dit Orelsan dans « Jour meilleur » (qui, d'ailleurs, est remontée en première position des écoutes sur Deezer) :

 

« Tout va pas changer, enfin, sauf si tu le fais.

Quand t'as le désert à  traverser, y'a rien à faire sauf d'avancer »

 

 

Quelques comptes Insta qui pourront peut-être t'aider

https://www.instagram.com/bonjouranxiete/

https://www.instagram.com/tuvasprendresoindetoi/

https://www.instagram.com/yugnat999/ (c'est un compte de memes, mais son auteur a longtemps été en dépression donc, la plupart de ses anciennes publi va parler à ceux qui vivent une sale période)

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