La communication non violente

 

Je sais pas vous, mais moi j'aime pas le conflit. Et pourtant j'ai passé ma vie dedans. Mon schéma classique depuis petite : j'encaisse sans rien dire les remarques désobligeantes pendant environ 2 secondes et demi, ça monte, j'explose à celle de trop, puis je dis un truc qui faut pas, sous le coup de la colère. En moins de temps qu'il ne le faut pour le dire, je passe donc de victime à bourreau, je culpabilise, et je vais, donc, bien entendu, m'excuser (alors que, rappelons-le, à la base, je n’étais pas fautive), je me justifie, parce que je veux qu'on me comprenne, ce qui n'arrange en rien mon estime de moi puisque je me suis rabaissée, puis ça se calme, et tout revient à la normale jusqu'à la prochaine remarque...

Cris, insultes, bagarres, colère, crises de nerfs, cœur qui palpite, tempes qui chauffent, poings serrés, mâchoires crispées, le conflit et ses conséquences néfastes pour le corps et l'esprit, je connais bien... Mais ce temps est révolu ! Enfin, du moins, j'essaie et je progresse ! Oui, oui, les conflits, j'en ai presque plus et pourtant comme vous avez vu, je reviens de loin...

Depuis mon burn-out, j'ai découvert que si les relations saines passent avant tout par un gros travail sur soi et la gestion de ses émotions, apprendre à communiquer de façon apaisée vient juste après. Savoir communiquer, c'est la base. Et y'a un outil super cool et efficace pour vous y aider. Allez, c'est parti, je vous explique.

 

La communication non violente, qu'est-ce que c'est ?

 

Élaborée par Marshall B. Rosenberg dans les années 70, la communication non violente est une méthode de communication basée sur la bienveillance, l'authenticité, la responsabilité et l'empathie. Son nom est directement tirée du mouvement pacifiste de Ghandi qui prône les rapports humains apaisés et dépourvus de toute violence. L'auteur de la méthode, également inspiré par les travaux d’économistes analysant les besoin humains, souhaitait créer une façon de communiquer avec l'autre sans lui nuire et a donc élaborer un système pour nous apprendre à nous sentir en meilleure relation avec nous même, à mieux comprendre nos besoins et à formuler nos phrases de manière à ce que notre interlocuteur ne se sente pas attaqué. Son apprentissage peut se faire auprès de coach ou formateurs spécialisés, mais vous pouvez, également, retrouver la méthode plus en détails dans des vidéos, podcast ou encore dans de nombreux livres.

 

Comment ça marche ?

 

Je n'aurais pas assez d'une chronique pour vous expliquer tous les exercices à mettre en place pour changer complètement de façon de communiquer, mais je peux vous donner quelques bases de la méthode pour commencer.

 

La communication non violente est fondée sur 4 piliers : l'observation, les sentiments, les besoins et la demande.

 

Lorsqu'une situation vous met mal à l'aise, que vous sentez les émotions négatives vous gagner, essayez de respecter ces 4 étapes :

 

Étape 1 : L'observation objective de la situation

Rester sur les faits sans juger et sans faire de généralité. Ne pas faire de suppositions, mais évaluer simplement la situation.

 

Étape 2 : Les sentiments

Se demander ce que nous ressentons vraiment au moment où la situation devient problématique. Identifier ses émotions en les différenciant de nos interprétations et jugements.

 

Étape 3 : Les besoins

Derrière chaque émotion négative se cache un besoin insatisfait, le reconnaître est essentiel dans la compréhension de la situation. Se demander pourquoi cela nous touche autant : « ai-je besoin d’être rassuré ? De quoi ai-je envie ? »

 

Étape 4 : la demande

C'est la dernière étape, et la plus compliquée selon moi. Une fois qu'on a identifié ses émotions et ses besoins et analysé la situation de manière objective, on sait a priori ce que l'on veut, il est maintenant tant de le formuler. Formuler une demande claire et bienveillante à l'autre permet d'ouvrir le dialogue et de laisser s'exprimer les 2 parties concernées. C'est la phase la plus délicate car il s’agit de bien choisir son vocabulaire afin que l'autre ne se sente pas attaqué tout en exprimant ses émotions. Vous retrouverez dans les articles et autres livres traitant de la méthode une liste de vocabulaire et phrases pour vous aider, mais en gros, c'est parler de ses besoins et sentiments et le moins possible de l'autre.

 

Exemple :

Ne pas dire : « tu n'es jamais content » (qui est un jugement et une attaque)

Mais plutôt : « tu me fais beaucoup de remarques, ça me touche, j'aimerais qu'on en parle »

 

Ah ! Ça semble si simple dit comme ça.

 

En pratique ça donne quoi ?

 

En pratique c'est assez compliqué à mettre en place je vais pas vous le cacher.

Déjà, il faut réussir à ne pas réagir sur le coup, à gérer ses émotions, ce qui n'est pas une mince affaire. La respiration m'y aide beaucoup. L'apaisement général, aussi, que j’atteins de plus en plus grâce à la méditation, la marche et le fait de me mettre moins de stress sur les épaules. Le fait d’être plus calme de manière générale aide au quotidien à résister aux situations tendues, à prendre du recul. La tolérance et la compassion envers son prochain est également primordiale pour moins juger.

Et ensuite, quand une remarque blessante nous est faite, même lorsque nous arrivons à gérer nos émotions, formuler sa demande n'est pas toujours aisé. Ce sont des reflex à mettre en place et, au début, on a l'air vraiment bizarre. Dire à quelqu’un : « ce que tu viens de me dire me blesse profondément j'aimerais que tu arrêtes » n'est absolument pas naturel. Il faut s’entraîner. Mais je vous assure que les résultats sont probants, j'ai beaucoup moins de conflits qu'auparavant.

 

Alors, prêt a essayer ?

 

Pour en savoir plus :

Manuel de communication non violente

Vidéo explicative

 

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