La Josestanie, le festival tombé du ciel

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Jour 1: La Découverte 

Nous sommes le vendredi 27 août, la camionnette qu'ont loué mes potes pour leurs vacances en Italie arrive aux portes d'un champ perdu en plein milieu de la Nouvelle-Aquitaine. La veille, ce couple d'amis m'a récupérée à Marseille, sur la route de leur retour vers Paris. Après dix heures passées sur les petites routes de France, nous arrivons enfin au point de rendez-vous. Le GPS indique Montmorillon, à deux pas de Poitiers. C'est bien l'adresse que nous a indiqué l'organisateur de la Josestanie. Nous sommes bien arrivés au paradis.

Devant la barrière protégeant l’entrée du champ trois énergumènes habillés de façon étrange nous accueillent avec de grands gestes et le sourire aux lèvres. Malgré la fatigue, nous descendons du camion agréablement surpris. C'est qu'ils ont l'air bien barrés ces festivaliers, ça promet. Ils nous demandent de montrer patte blanche avant de nous expliquer le concept. Oui, nous sommes bien sur la liste. Oui, nous avons bien été conviés à ce festival dont tu ne peux entendre parler que si tu connais personnellement l'un des invités. 

 

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Selon la légende, la Josestanie a démarré quatre ans plus tôt dans le champ de la grand-mère de José, non loin de là. José, donc, ayant vécu un peu partout voulait réunir ses potes de voyages. Ils n’étaient, au départ, que quelques dizaines. D'année en année les amis ont invité leurs amis. La confiance, la joie et le respect ont toujours été les mots d'ordre pour y ajouter des nouveaux membres. On appelle ça un cercle vertueux il parait. Aujourd'hui nous sommes cinq-cent.

Après avoir dû promettre de respecter la nature, on gare la camionnette plus loin dans le champ, un parking y a été aménagé. Même si pas majoritaires, nous ne sommes pas les seuls à ne pas avoir choisi l'option tente. C'est qu'à trente ans passés, le confort, ça compte plus que tout. Parmi la centaine de tentes de toutes les tailles déjà installées, on trouve également une dizaine de camping-car ou camionnettes. Les gens ont pris leur vendredi apparemment. Il n'est même pas dix-neuf heures et c'est déjà bien rempli.  

La Josestanie, c'est LE rendez-vous de l'année pour beaucoup, mais c'est une grande première pour nous. Nous retrouvons certains de nos potes déjà sur place. Nous sommes une cinquantaine de notre team à avoir été invités à cette édition.

Des semaines que je n'ai pas vu mes anciens potes de teuf. Je suis surex. 

Je déballe mes affaires. J'ai acheté toute la Foir'fouille et Gifi réunis. Je n'ai pas fait une vraie fête digne de ce nom depuis des mois. J'ai même pris du rab' pour ceux qui n'auraient pas eu le temps de faire leurs emplettes. J’espère voir tout le monde déguisé. Le thème c’était fashion weird, ça laisse place à l'imagination. En plus des accessoires pour ma tenue, j'ai pris des pistolets à eau, des tubes à bulles, des sucettes, des lunettes de toutes les couleurs, et même un cerceau. Dé-ter-mi-née la meuf.

 

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Une fois parée de ma plus belle tenue de croupière de Las Vegas, j'avance vers le festival. Il faut que j'aille déposer ma bouteille au bar. C'est un festival privé, il n'y a pas de vente d'alcool. Ils nous ont aussi demandé d'apporter des pâtes à donner à une asso, j'aime beaucoup leur esprit. Tous les gens que je croise sur le chemin ont joué le jeu, il y en a pour tous les goûts, costume de licorne, sarouels colorés, paillettes sur les joues, plumes dans les cheveux, boas autour du cou, y'en a même qui se baladent avec leurs bouées de piscine. Chaque personne croisée me salue énergiquement et me tend son plus beau sourire. Je suis enchantée. 

Le deuxième champ – le principal - a été aménagé à la manière d'une kermesse folklo. On le découvre après avoir emprunté un terrain forestier bien éclairé, où ils ont eu la riche idée d'y installer les toilettes sèches. Ils ont pensé à tous les détails. Y'a un bar construits de palettes, des food-truck, ils ont protégé l’accès au lac pour éviter les accidents et abrité la piste de danse. Des lampions pendent un peu partout, un coin chill a été installé avec de vrais fauteuils et des coussins recouverts de velours vert ou rouge. Ils ont même accroché des tableaux style baroque aux arbres. C'est féerique. Je tourne sur moi-même pour observer les alentours. On est pas encore cinq-cent mais on est déjà beaucoup. Ça se remue sur le dance-floor.

Ce soir, ce sont des DJ de notre team qui mixent. L'un de nos membres fait parti des orga de la Josestanie, c'est donc tout naturellement - après être entré dans notre bande - qu'il a proposé à nos DJ de venir mixer cette année.

En ce vendredi soir d'avant rentrée, techno, micro et minimale house enflamment la piste de danse pendant plusieurs heures. Ça commence bien la Josestanie, on est déchaînés.

À minuit il commence à faire froid. Alors que les autres continuent, moi (la plus vieille) je vais me coucher. J'ai décidé il y a peu de prendre soin de ma santé.

 

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Jour 2: La Surprise

À cinq heures, ne voulant rater que le minium, je me force à me réveiller. D'autres de mes amis sont arrivés pendant la nuit, je les ai entendus installer leurs tentes, notre campement ressemble à un joyeux bordel, notre camionnette est encerclée de toute part. Le temps de dire bonjour et de se refaire une beauté on retourne danser. C'est le feu jusqu’à dix heures du matin, ça danse, ça discute, ça se raconte les derniers potins et puis tout s’arrête. À dix heures ? Déjà ? Mais je viens juste de me lever. Ils doivent reposer le matériel pour l’après-midi qu'on me dit. Ça ne reprendra qu'à quatorze heures. C’était bien la peine d'aller dormir. Ils avaient prévenus, mais comme d'hab je n'ai pas écouté. Je suis déçue mais je ne peux m'en prendre qu'à moi-même, je ne me suis pas renseignée. Allez, la pause ne dure que quatre heures, on va bien trouver de quoi s'occuper. On décide d'organiser un petit after. C'est qu'il fait beau et chaud il faut en profiter. Le groupe s'installe dans le fond du parking pour ne pas réveiller tout le camping. On me dit de parler moins fort, c'est que je ne me rends pas compte que les autres, eux, ont lu le programme et qu'ils en profitent pour se reposer. On branche les platines et les enceintes qu'un de nos potes a ramené. Qu'on est contents de se retrouver, on est entre nous, on se prélasse au soleil de la techno en fond sonore, on passe un agréable moment.

Et puis à quatorze heures, le moment tant attendu arrive : c'est censé reprendre de l'autre coté. Mais lorsque je n'entends pas les boom boom redémarrer je déchante. Je n'ai pas lu le programme mais je n'ai pas, non plus, cherché à connaître le style des artistes inscrits sur la line-up.

Décidément, ils sont surprenants ces Josestaniens. Si le soir c'est techno, la journée c'est concert acoustiques. Très acoustiques. Ça me fait sourire, il fallait y penser. Le mélange des deux genres est une sacrée bonne idée, mais mon hyperactivité et moi on était pas prêts. On m'annonce que ça va être pause douceur toute la journée, jusqu'à vingt-deux heures. Ah, ouais, quand même. Il est quinze heures. Ça va être long.

 

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Je trépigne, j'essaie mais je n'arrive pas à profiter, c'est trop calme pour moi, je m'agite, j'agace mes potes, ils me disent d’apprécier, de me calmer, mais c'est plus fort que moi, j'ai un trop plein d’énergie à dépenser. Des semaines que j'attendais cet événement. Connaissant ma team je n'avais même pas imaginé autre chose qu'un week-end cent pour cent techno. Mais c'est ma faute, c'est moi qui y ai mis trop d'attentes, c'est à moi de m'adapter.

Après avoir râlé quelques instants, je décide, donc, comme à mon habitude, de faire ce qu'il me plaît, c'est à dire : me déhancher. J'arrive à convaincre quelques piles électriques (après avoir demandé l’autorisation aux orga) de continuer notre petite fête sur le parking... Tant qu'on embête personne il n'y a pas de problème, qu'on nous dit.

Franchement, si j'avais su je n'aurais pas dormi la nuit, mais la journée. Je ne suis quand même pas venu pour faire la fête sur un parking, aussi agréable soit-il. Je ne pense même plus à aller voir le stand yoga ou les ateliers massages que je voulais pourtant faire dans la journée, on est trop loin du champ principal, les aller-retours prennent des quarts d'heures entiers. Mais je relativise, c'est leur programme, ils font ce qu'ils veulent et en plus les festivaliers sont incroyables, j'ai tout à apprendre d'eux.

Il règne dans ce vaste champ une atmosphère de confiance, de sagesse et de tolérance rarement vue. Dès les premiers instants, je me suis sentie à l'aise. Personne ne nous juge, même si nous n'avons pas les mêmes goûts ou si nous avons décidé de créer une ambiance différente sur le parking. Il sont plus âgés que nous et ça se voit, ils nous observent de loin d'un regard bienveillant, attendant que l'on comprenne par nous-même que nous n'avons rien compris. Je décide d’arrêter de râler et de me laisser aller, de prendre exemple. J'en profite pour me restaurer, me laver, me reposer et discuter avec mes amis. Même si j'attends avec impatience que la petite fête redémarre, je passe finalement un super moment à juste me laisser porter. Et puis les heures passent vite, la nuit tombe, les basses sont rebranchées sur la piste principale, les boom boom reprennent. La Josestanie, c'est r'partiiii.

  

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Le samedi soir est magique, tout le monde est réuni, on est bien cinq cent, l’énergie est électrique, la joie se lit sur les visages, la douceur des concerts a laissé place à l’hystérie des DJ techno. Les Josestaniens ont un petit grain de folie qui rend l'ambiance survoltée. Oubliée la course à la performance, tout ce qui compte c'est s'amuser. Ils passent tous les styles, de la techno commerciale, de la house, de la trans. C'est la folie, ça saute dans tous les coins, ça hurle de joie, ça encourage. Je danse tellement que j'ai des ampoules sous les pieds, je crie tellement que je n'ai plus de voix. La nuit passe à une vitesse folle. À six heures, exténuée, je vais me coucher. Je ne regrette absolument pas ma journée. La Josestanie me fait rêver.

 

Jour 3: La Leçon 

Quand je me réveille, trois heures plus tard, prête à me ré ambiancer pour la dernière journée, on m'annonce la fin du festival. Encore une fois je suis pas dans le timing. C’est vrai que c'était bien noté « arrêt neuf heures du matin dimanche », mais en même temps ils nous ont dit qu'on pouvait rester sur place jusqu'au lundi matin. J'ai pas tout compris visiblement. Comme d'hab je me suis fait ma propre idée. On me dit que certains essaient de négocier. Mes vieux reflex prennent le dessus et je ne peux m’empêcher moi aussi de demander du rab'. On me parle d'un pacte avec la mairie, d'une histoire d’arrêt du son, je me fais une raison. C'est bien parce qu'ils sont respectueux qu'ils continuent à pouvoir installer leur festival chaque année, hein. Et moi j'aime bien qu'on respecte ses promesses. Ça me frustre un peu mais ça ne m'agace pas plus que ça. Je les aime bien les Josestaniens, j'ai bien envie de les imiter quand je les vois là assis sur leur canapés détendus, pas l'air stressés. Il y a comme de la magie qui flotte dans l'air, comme si l'univers me disait de me calmer. Nous sommes déjà dimanche après tout, la rentrée approche, il faut bien que ça s’arrête un jour. J'essaie de prendre leur rythme. On en profite pour nettoyer un peu, pour leur donner un coup de main, pour les remercier de nous laisser rester sur les lieux. Et après une ou deux heures de battements un miracle opère, le commandant en chef de la Josestanie nous laisse rebrancher le sound-system, il a compris que les jeunes n'étaient pas encore fatigués. Il est magique ce week-end, ils sont magiques les Josestaniens, quand je serai grande, je veux leur ressembler.

 

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La musique nous permet de terminer cette journée en douceur, ce n'est pas la grosse chouille, on ne peut pas mettre trop fort pour ne pas embêter les voisins, mais l'ambiance est familiale, agréable, douce. Alors que les heures défilent on en profite pour faire connaissance avec quelques irréductibles encore en vie, des anciens, ils sont aussi sages que l’atmosphère qu'ils font régner. Les discussions sont instructives, les pas de danse beaucoup plus détendus et légers. Finalement c'est peut-être la meilleure partie du week-end pour moi. Quand je suis trop épuisée pour tout vouloir contrôler. Petit à petit le champ se vide, les Josestaniens ont assez donné, ils se reposent dans les coin chill, ou sont carrément partis. Même si la fatigue crée quelques tensions quand on ne sait pas trop jusqu'à qu'elle heure on a le droit de continuer, tout se règle très vite, on est venus ici pour s'amuser. Et puis finalement ils ne nous diront jamais de nous arrêter. Quelle leçon de patience, ils nous laissent juste kiffer. La soirée se déroule dans la joie et la bonne humeur, puis se termine en douceur au petit matin. Et voilà, il est déjà temps de rentrer. Qu'est-ce que c'est passé vite. Une vraie parenthèse enchantée.

Je retourne au campement et vérifie ma banane : c'est bizarre je n'ai rien perdu, tout ce que j'ai prêté m'est revenu. Moi qui ai tant de mal à me détendre je me suis senti en confiance tout le long de ces trois jours en Josestanie, comme si il ne pouvait rien m'arriver. Alors que je referme ma valise je flotte sur un petit nuage, ce week-end était mystique, toutes ces rencontres, toutes ces leçons de vie, dans la vie rien n'arrive par hasard, j'ai comme l'impression d'avoir été là où il fallait.

 

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Crédit photos : Pikotis Pikotas Mayñier

 

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Merci aux organisateurs José, Émilien, Quentin et Halim ainsi qu'à tous les festivaliers

 

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