Prise de conscience de son vrai soi, ce déclic qui mène à l’éveil spirituel (partie 2)

by France Missud 

La vie n'est qu'une série d’étapes, plus ou moins rapides, que tu franchis inconsciemment pour te mener à ton but ultime : l’éveil.

Certains y arrivent très tôt, d'autres ne le font jamais, moi j'ai mis trente-quatre ans. Tout ce qui s'est passé avant n’était que le prélude à la libération de mon âme.

Étapes après étapes, rencontres après rencontres, mon inconscient a gravi la montagne au sommet de laquelle se trouvait la vérité, ma vérité, la découverte de mon vrai moi.

 


Prendre conscience de ses mécanismes : comment j'ai glissé lentement vers l'éveil. 

Au début j'ai cru que c’était la vie qui avait envoyé sur ma route ces personnes et les événements qui en ont découlé. Que ce choc, si fort qu'il ne m'a laissé d'autre choix que de me réveiller, avait été déclenché par un concours de circonstances. Aujourd'hui, des mois après mon déclic, j'ai réalisé que le hasard n'y était pour rien. Tout ceci, mon inconscient l'avait créé pour, qu'enfin, j’arrête de me mentir, qu'enfin, je commence à vivre pour de vrai. Car ce n'est pas le hasard qui détermine ton existence mais bien ta propre volonté.

De l'ex que j'ai choisi pour me détruire afin d'apprendre à me reconstruire, à celui qui m'a fait découvrir qu'on pouvait faire confiance pour finalement m'abandonner, en passant par celui ayant le même fonctionnement que moi agissant comme un miroir, pour finir par ce groupe de semblables que j'ai réuni dans le but de me créer un terrain propice au changement, tout ce qui m'est arrivé jusqu'à ma prise de conscience n’étaient que des choix qu'avait fait mon inconscient pour que je réussisse enfin à me libérer.

Lorsque j'ai eu trente ans, après avoir testé la vie normale pour finalement voir tous mes espoirs s’écrouler lorsque je me suis fait larguer, mon inconscient, alors fragilisé par cette perte de confiance en la vie, a décidé de s'écouter. Foutu pour foutu et n'ayant dorénavant plus rien à prouver à mes proches, j'ai décidé de commencer à vivre comme je le souhaitais. Fini de plaire à ma famille, fini de vouloir les impressionner, j'allais, à présent, choisir la vie qui me plaisait. En commençant par mes fréquentations. Tout s'est enchaîné très vite : nouveau travail, nouveaux amis, nouvelles habitudes, jusqu'à découvrir un milieu jusqu'ici insoupçonné. Le milieu de l'art en général mais celui de la techno en particulier. Et, d'un coup tout s'est éclairé. Ils étaient là mes semblables ! Dans ce monde que je pensais rempli de punk à chiens. Trop méprisante, je ne m'y étais jamais intéressé...

Prête à tout laisser tomber, mon inconscient avait agi dans l'urgence en me poussant à prendre, malgré tout, quelques risques et ça avait fonctionné. Lassée par la vie que je trouvais sans intérêt, il m'avait redonné foi en l'humanité en me présentant un monde merveilleux où je pouvais reprendre espoir. Il m'avait montré qu'il était possible de vivre sans se sentir seule ou en danger. Les deux en même temps. Ça ne m’était jamais arrivé !

Je discutais beaucoup en soirée avec mes nouveaux amis, de mes trauma, mécanismes, peurs, et autres tendances à la manipulation et, pour la première fois, on ne me jugeait pas, pour la première fois on me comprenait. Après trente années d’errance, je me sentais enfin à ma place, parmi les miens. Quelle libération ! Grâce à ces personnes sensibles, bienveillantes et bien souvent, aussi, torturées et violentées par la vie, je me suis rendu compte que je n'avais pas été la seule à souffrir autant et que j’étais, également, la première à juger. Bien que j'avais déjà commencé à laisser tomber quelques croyances des années auparavant avec les attentats et un voyage en Asie, j'ai encore plus ouvert mon esprit, je suis devenue plus tolérante avec mon prochain et j'ai compris qu'on pouvait vivre autrement, sans haine pour la différence. J'ai passé un an à soigner ma dépression post-rupture en m' aventurant dans ce monde merveilleux, loin des diktats de la société. En confiance, j'ai passé un an à pouvoir libérer, de temps en temps, ma vraie nature heureuse, cette petite fille excitée, gentille et naïve qui se montre lorsqu'elle se sent en sécurité. Qu'est-ce que ça faisait du bien de pouvoir se lâcher un peu, d'être comprise et acceptée. Et, à trente-et-un ans, après quelques rechutes et tâtonnements, j'ai fini par trouver mon rythme. Ce que je pensais être le secret du bonheur, la vérité. Un savant mélange de sur-contrôle la plupart du temps et de quelques instants de lâcher-prise quand je me sentais parfaitement en sécurité, c'est à dire le dimanche en after, entourée des miens... En réalité, j'avais juste atteint les limites de la protection pragmatique. On ne pouvait pas faire carapace plus forte, environnement plus contrôlé. Nourrie de l'amour sincère mais souvent superficiels de mes congénères, je m’étais éloignée de ma famille à qui je ne parlais quasiment plus. Depuis ma rupture, je fuyais le sentiment amoureux et faisait tout pour faire foirer mes histoires. Je ne prenais toujours aucun risque inconsidéré et, dorénavant, même mon plaisir était planifié. J'avais enfin pris conscience de mes mécanismes de défense et faisais tout pour ne pas les voir apparaître. Et je pensais que c’était ça, vivre. Se créer une zone de confort dans laquelle rien d’imprévu ne pouvait m'arriver, un équilibre me permettant surtout pas de craquer. La vérité c'est que j'avais seulement trouvé un endroit qui ne me donnait aucune raison de sortir mes mauvais côtés. En couple, au travail ou en famille, et malgré mes tentatives pour l’étouffer, je continuais de voir apparaître mon monstre dès que je me sentais attaquée. Cette petite fille violente oscillant entre sentiment de supériorité et d’infériorité ne répondant que par la rage ou la méchanceté. Je le savais, au fond, quelque chose n'allait pas, mais je remettais toujours à plus tard l'affrontement avec la bête, pensant qu'elle finirait bien par se calmer. À trentre-trois ans, à deux doigts de faire de mon personnage fort, ultra organisé et toujours de bonne humeur, un métier, en organisant mes propres soirées, le Covid est arrivé dans nos vies et a tout stoppé. Comme pour me faire comprendre que je ne pouvais pas toujours faire semblant de tout assumer avec le sourire. Comme pour me faire comprendre que je n'avais pas le droit de ne pas leur montrer la vérité, à eux, ces êtres si purs à qui, finalement, je mentais aussi en les laissant continuer à croire à ma perfection. Comme pour me pousser à craquer et à tout montrer. Comme pour accélérer le processus d’éveil. Comme un signe du destin pour me dire que je faisais fausse route, comme si mon inconscient, l'inconscient de tous les humains sur cette terre s’étaient réunis pour que nos carapaces arrêtent de se battre contre la vérité.


Ce craquage qui chamboule tout : comment je me suis, enfin, réveillée


Quand le Covid est arrivé, j’étais déjà bien entourée, heureusement, ce qui m'a permis de continuer à vivre dans le déni pendant tout le temps du premier confinement et donc de survivre, j'imagine, à ces trois mois seule avec mon chat. Je discutais beaucoup par message avec mes potes de soirées, nous partagions, de la même façon que nous le faisions en after, nos angoisses, nos doutes, nos réflexions. Alors, dès que la perspective de la sortie est arrivée, je n'avais qu'une envie : refaire la fête avec eux, les revoir en vrai. J'ai décidé de réunir ceux que j’appréciais le plus dans un gite pour quelques jours. Évidemment, je n'avais sélectionné que des candidats irréprochables, chez lesquels je ne ressentais ne serait-ce qu'une seule once de malveillance ou malhonnêteté. J'avais également accordé à certains, triés sur le volet, le droit d'inviter des gens qu'ils devaient estimer d'une confiance absolue. C'est ainsi que j'ai rencontré l'homme qui allait me faire me rendre compte que je méritais beaucoup plus de respect que ce que je pensais.
 

  

Ce week-end a marqué un tournant important dans ma vie, si ce n'est le plus important. Sans le savoir, j'ai créé une famille d'une cinquantaine de personnes, cinquante personnes au même fonctionnement : bienveillantes, empathiques, très sensibles, généreuses mais aussi pour beaucoup brisées, cachant des côtés sombres inavoués et vivant dans la peur constante de tout. Sans le savoir j'ai créé le terrain de confiance et de tolérance qui me permettrait de pouvoir vraiment, à cent pour cent, dans les bons comme les mauvais côtés, me montrer comme je l’étais.

Nous nous sommes tout de suite liés plus que de raison et par la suite, pendant près d'un an, alors que le Covid grondait dehors, nous nous sommes vus plusieurs jours par semaine. Dans notre petite bulle, nous avons pu être nous-même, nous nous sommes complètement lâchés, nous nous sommes aimés et nous avons aussi beaucoup trop donné. Moi la première. Voulant les protéger à tout prix des dangers du monde, j'en ai beaucoup trop fait, je voulais tout organiser parfaitement pour qu'ils continuaient de m'admirer, pour que surtout ils ne m'abandonnent pas. Mais passé d'un monde ultra sécurisant pour moi seule à celui adapté à cinquante personnes m'a demandé beaucoup trop d’énergie. En plus de devoir accorder du temps et de l’intérêt à un nouvel amoureux me sollicitant beaucoup sur le plan émotionnel, je devais aussi m'occuper de tout un groupe de personnes ayant pour chacune d'elle beaucoup de choses à régler. Évidemment que je ne devais rien et qu' ils ne m'avaient rien demandé, évidemment que je n'ai jamais accepté leur aide, évidemment que mon inconscient me poussait à craquer. Pendant un an, j'ai pris tous les problèmes du groupe sur mes épaules, juste pour pouvoir continuer à garder mon cercle de liberté, juste pour rendre heureux ces personnes qui me le rendaient si bien. J'y ai dépensé toute mon énergie et n'ai finalement pas réussi à récupérer la même quantité. Ma carapace a fini par craqueler. Stressée, trop sollicitée, mon personnage de fille parfaite a commencé à s’effriter. Acculée, je piquais de plus en plus de colères, me montrant despotique, n'acceptant aucune critique, voulant toujours tout gérer et surtout ne les écoutant pas lorsqu’ils ont commencé à me dire mes vérités. Déstabilisée par mon modèle de société qui s’ébranlait et dont je ne comprenais plus les règles avec lesquelles il fallait constamment jouer, fragilisée par ce petit ami m'en demandant toujours plus, un jour, en février, lors de l'une de nos soirées j'ai fini par faire éclater mon vrai moi, celui que je cachais depuis si longtemps et qui commençait à montrer un peu trop le bout de sa queue. Ce jour-là ce monstre que je redoutais tant de voir sortir s'est réveillé, dans son entièreté, il a tout montré. À tout le monde. Ce que j'avais redouté toute ma vie était enfin arrivé, enfin j'explosais.


Mon vrai moi, du moins une partie, c’était une bête furieuse, blessée, narcissique et mégalo. Une chienne enragée, un monstre, un tyran, qui veut faire du mal pour se venger de tout le mal qu'on lui a fait. Ce jour-là, me sentant attaquée par leurs propres blessures qu'ils avaient de plus en plus de mal à cacher, eux aussi, j'ai été horrible avec beaucoup de mes amis en appuyant sur les points sensibles de chacun d'entre eux. Estimant qu'ils ne pouvaient pas vraiment m'aimer puisqu'ils ne connaissaient pas tout de moi, je leur ai tout montré, espérant qu'ils m'abandonnent comme je pensais le mériter. Ce qu'ils ont fait. Ils m'ont abandonnée. J'ai même quitté mon petit ami qui faisait semblant de me soutenir mais qui en réalité ne montrait aucune empathie à mon égard. J'ai gâché tout ce bonheur qu'ils m'avaient apporté. À part deux ou trois personnes que je n'avais pas vraiment attaquées, ils m'ont tous tourné le dos, effrayés par la bête. Ils ne m'ont pas reconnue, n'ont pas compris. Moi, celle qui donnait tant d'amour, j'avais tout repris en une journée.

Tout mon monde s'est alors écroulé. Cette carapace que j'avais mis une vie à construire, et qui avait finalement atteint la perfection, s’était cassé en quelques heures. Parce qu'ils ne m'avaient pas écoutée, parce qu'ils n'avaient pas fait comme je le voulais, parce que, eux, je n'avais pas réussi à les contrôler. Parce que je les avais aimés, parce que j'ai voulu faire plaisir à tout le monde, parce que j'avais trop écouté leurs demandes, parce que je m’étais reposée sur eux, parce que je leur avais fait confiance. Je les avais prévenus que j'avais des cotés sombres, je leur avais dit qu'ils ne m'aimeraient plus quand ils les verraient, mais ils n'en avaient fait qu'à leur tête, toujours à me pousser à bout. Toujours à remettre en question ce que je disais. J’étais la seule à détenir la vérité. Je les haïssais. Et même après la crise j'ai continué à leur dire. Je voulais les détruire et j'ai tout fait pour. Tout ce groupe que j'avais créé qu'ils aimaient tant, ce refuge dans lequel ils se sentaient en confiance grâce à MOI, j'allais tout détruire. Car je voulais qu'ils souffrent autant que je souffrais. J'ai passé plusieurs jours à les accuser tout en me justifiant du mal que j'avais fait. Plus rien d'autre n'avait d'importance, ma vie était détruite. Ils étaient ceux que j'avais le plus aimé, ils m'avaient abandonnée, ils étaient ceux à qui j'allais faire le plus de mal.

Et c'est alors que le miracle est arrivé. Cette chose qui a permis de commencer à m’éveiller. Cette preuve du contraire qui m'a montré que je ne détenais pas la vérité comme je le pensais, que je ne savais en réalité rien. Que je n'avais rien compris.

🍃 Suite du témoignage au prochain épisode (parce que quand c'est trop long, vous lisez pas, je vous connais) 🍃

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