Qui sont ces hippies qui ont changé le monde occidental ?

Qu'est-ce que c'est exactement, le mouvement hippie ?

 

hippies le coin de france a la menthe 2

 

« Faites ce que vous voulez et ne vous préoccupez pas de ce que les autres pensent. » Voilà comment nous pourrions résumer en une seule phrase toute la philosophie hippie. Ce courant de contre-culture prônant l'amour et la non-violence voit le jour en Californie dans les années 60, dans une Amérique en pleine crise identitaire. Alors que la guerre du Vietnam gronde, une partie de la jeunesse, en âge de partir combattre, commencent à rêver d'une autre vie, dans laquelle il n'existerait plus de différences entre êtres humains, d'autorité ou de rapport de domination. En opposition avec les valeurs traditionnelles de leurs parents, les hippies, rejettent alors la société consumériste, puritaine et capitaliste. Partisans des voyages initiatiques, de la liberté sexuelle, des psychotropes et de rock, ses membres se regroupent en des milliers de communautés dès 1963. Bien conscients de ne pouvoir faire chuter le système en place, ils préfèrent se révolter pacifiquement en s’éloignant et en créant leur propre monde. Pendant près de dix ans le mouvement fera de plus en plus d'adeptes avant qu'il ne s’éteigne (publiquement seulement) dans les années 70. En moins d'une décennie, la culture hippie aura influencé une bonne partie de l'occident et transformé les mentalités. Si le terme est toujours employé aujourd’hui pour désigner quelques marginaux ou une mode, il est en réalité galvaudé et ne représente plus du tout l'essence de ce qu’était leur état d'esprit à sa création. Les vrais hippies, eux, vivent cachés.

 

Comment vivent-ils ?

Les enfants-fleurs (flower children)  comme ils s’appelaient entre eux  sont, avant tout, en recherche de spiritualité et de relations authentiques. Ils appellent à un retour à la nature et aux valeurs comme le partage, l’honnêteté et les plaisirs simples. Non violents, ils ne cherchent pas à imposer leur façon de penser mais souhaitent seulement pouvoir être libre d'agir comme ils l'entendent.

Dès le début des années 60 les hippies s'installent en communautés autonomes en marge de la société dans lesquelles ils cultivent leurs propres champs et utilisent des énergies renouvelables. Portant les cheveux longs, en opposition aux crânes rasés des soldats partis faire la guerre, ses adeptes prônent l'amour de soi, l’amour de son prochain, la tolérance, et la liberté sexuelle. Très vite rejoint par les artistes et certains intellectuels de l’époque, le mouvement prend énormément d'ampleur au milieu des années 60. Des centaines de milliers de jeunes de toutes origines sociales ou ethniques rejoindrons les rangs. Afin d'atteindre des niveaux supérieurs de plénitude et entrer en communion avec le cosmos, les voyages dans le subconscient sont monnaie courante. Les autorités américaines dépassées par la prise de LSD à grande échelle finira par l'interdire en 1966. Pourtant inventé en 1938 par le laboratoire Sandoz et utilisé à des fins thérapeutiques jusqu'ici, les États-Unis invoqueront des troubles à l'ordre publique pour le rendre illégal. Ce qui n’arrêtera pas les adeptes puisque sa consommation aurait atteint son apogée lors du festival Summer of Love en 1967 puis celui de Woodstock en 1969. Ce festival rock gratuit réunira plus de cinq-cent-mille personnes et marquera également le début de la fin du mouvement.

 

hippies le coin de france a la menthe

D’où leur viennent leurs inspirations ?

Aldous Huxley est désigné par tous les historiens comme le père fondateur du mouvement. Cet écrivain et philosophe mondialement connu notamment pour son roman contre-utopique « Le meilleur des mondes », publie, en 1954, « Les portes de la perception », ouvrage d'essais philosophiques prônant les bienfaits des drogues psychotropes sur l’ouverture de la conscience. Aldous Huxley, profondément humaniste et universaliste est lui-même initié, quelques années auparavant, à la spiritualité par un ami qui lui enseigne la méditation, le yoga et le véganisme. Respecté par le milieu intellectuel, il parcourra pendant des années les universités du pays pour éveiller la jeunesse à la spiritualité. Alors qu'il décède en 1963, ses idées sont reprises par de jeunes utopistes rêvant mettre en pratique ses mantras. Les hippies chercheront sans cesse un sens à la vie dans les enseignements bouddhistes, taoïstes ou encore hindouistes et les années 60 marqueront le début des voyages initiatiques au grand public. Amsterdam, Istanbul, Goa, Katmandou, ou encore l'Afghanistan verront débarquer des milliers de jeunes en quête d'autre chose.

 

 

De quelle manière ont-ils changé le monde ?

Alors à son apogée en 1967, grâce à la médiatisation du festival Summer of Love, le mouvement s'exporte dans le monde entier. De la révolution étudiante de 1968 au Mexique (qui se terminera dans un bain de sang), à mai 68 dans notre pays, la culture hippie a, en seulement quelques années, fait considérablement évoluer la politique et les mœurs du monde occidental. C'est elle qui a directement inspiré les courants féministes, LGBT, écolo ou encore le New-Age (courant religieux occidental de la fin du XXe siècle regroupant le développement personnel, l’éveil spirituel ou encore la psychologie). C'est à cette époque que de nombreuses lois sur l'avortement passeront, que la pilule contraceptive apparaîtra, que l'association Greenpeace verra le jour et que la première Gay Pride sera célébrée. Mais là où l'influence du mouvement est la plus remarquable c'est sur l’évolution des libertés sexuelles. « Selon une enquête de l'institut Gallup, le nombre d’américains pensant qu'il était mal de faire l'amour avant le mariage avait chuté de 68% en 1969 à 48% en 1973, un changement généralement attribué aux bouleversements initiés par le courant hippie » (source : wikipedia)

 

hippies le coin de france a la menthe

 

Et aujourd'hui ?

La récupération des valeurs hippies, dès la fin des années 60, par les politiques ou les businessmen dans le but de vendre de la musique ou des pantalons pattes d'eph', sonnera le glas de la fin.

De plus en plus délaissé par les médias à la fin de la guerre du Vietnam en 1975, le mouvement s’essouffle pour disparaître progressivement. Des franges radicales ayant oublié les valeurs premières de non-violence, mais également les morts de Jim Morrison, Janis Joplin et Jimmy Hendrix (ouvertement hippies) suite à des overdoses, finiront de ternir l'image de cette contre-culture. (Et ce, même si les vrais hippies ne prônaient pas les drogues à des fins festives ou destructrices mais comme des aides pour atteindre des niveaux de conscience modifiée). Environ 40% des adeptes du mouvement auraient fini par se ranger en rejoignant cette même société qu'ils dénonçaient auparavant. Et ceux n'ayant pas cédé aux appels du pouvoir et de la cupidité se feront plus discrets pour disparaître définitivement de nos radars dans les années 70. Des chiffres parlent de 30% d'adeptes qui auraient rejoint les montagnes ou les bords de mer du monde entier pour vivre en autarcie. Si l'on comptait des milliers de communautés aux États-Unis en 1969, et plusieurs centaines en Europe occidentale, aujourd'hui il n'en reste plus beaucoup. La commune libre de Christiania, créée en 1971 à Copenhague existe toujours. Il y'en aurait une quarantaine en Allemagne. Quelques-unes en Sardaigne. Et, en France, une seule subsisterait, située à Charleval.

Sources : Wikipedia, France Culture, Le Monde

Dejar un comentario

Por favor tenga en cuenta que los comentarios deben ser aprobados antes de ser publicados