Une semaine sans sucre, plus facile à dire qu'à appliquer

 

Il y a 2 semaines, je vous parlais des méfaits du sucre raffiné sur la santé. J'en parlais, mais j'appliquais pas trop, à vrai dire. Voire, pas du tout. Glace, brioche, gâteaux, Coca, c’est comme ça toute la journée et ce, depuis plusieurs semaines (si ce n'est, toute ma vie). Et là, c'est bon, j'en ai marre ! Marre de me niquer la santé, la peau, le cerveau, tout ça parce que je suis incapable de me retenir. Motivée par une amie ayant entamé, il y a quelques jours, une semaine sans sucre, et par le succès de mes précédents sevrages d'autres addictions en tout genre, je décide de l'imiter. Allez, moi aussi je m'y mets, moi aussi j’arrête le sucre ! Mais juste une semaine, hein, parce que, bon, je me connais, je sens que je vais déjà bien galérer.

 

Jour 1

8h48 : je me réveille de très, très mauvaise humeur. Faut dire que mon chat a fait pipi sur mon nouveau canapé. Alors, ouais, c'est énervant, mais là, je suis particulièrement enragée. Il me fait ça depuis 2 ans, j'suis habituée et j'ai fini par le prendre avec sagesse. Enfin, du moins, avec plus de calme. Ça sert à rien de l'engueuler, parait-il. Mais là, tout de suite maintenant, la sagesse est loin derrière moi. Je rêve de le faire valdinguer à travers le salon.

Ça faisait longtemps que je n'avais pas eu un accès de violence comme celui-ci. Est-ce parce qu'aujourd'hui commence ma semaine sans sucre ? Hier j'ai mangé 2 cônes Extrêmes, 4 tranches de brioche, 1 kebab et bu 3 Coca. C'est p'tet pour ça que ce début de sevrage est si difficile... Pour me calmer, je m'allume une clope. Ma semaine sans sucre ne sera pas une semaine sans tabac.

 

9h05 : ce matin, je décide de ne rien manger. Je n'ai qu’une envie : m'acheter un pain au chocolat. Frustrée, je préfère encore jeûner.

 

13h56 : le ventre vide depuis la veille, je me rends compte que je n'ai pas plus faim que ça. « Cher Jeûne Intermittent, je suis à 2 doigts de t'appliquer. »

 

14h30 : je fais une première connerie mais, je le sens, pas la dernière. Au boulot, je fais pas trop gaffe à ce que je mange, je pense juste à ce que ça soit bon. Aujourd'hui, je suis, donc, tombée dans le piège de la non-pleine conscience. J'ajoute de la sauce soja sucrée à mon riz blanc sans même y réfléchir... Putain, mais faut vraiment faire attention à tout. Je vais tâcher d’être plus vigilante pour les prochains repas.

 

15h43 : je fais mes premières courses non sucrées. Quand je passe au rayon glaces il est très difficile de ne pas s'y arrêter. Addict ? Qui a dit addict ? Allez, je décide de me faire des jus de fruits frais pour pallier au manque. Je dévalise littéralement le rayon. Je prends tellement de temps à les choisir (ça va être mon seul plaisir de la semaine) qu'un employé du supermarché vient m'aider. Vous saviez qu'on choisissait les ananas en tirant sur les feuilles de leurs têtes ? Bon, bah, ce sevrage m'aura au moins appris un truc, tout n'est pas perdu.

 

18h : je me suis fait un énorme bol de cerises mais je n'ai qu'une envie : manger des cacahuètes enrobées. Je ne sais pas pourquoi, étant donné que j'en ai pas mangé depuis des lustres, mais j'en ai autant envie qu'une femme enceinte aurait envie de fraises, c'est un fait.

 

00h26 : bizarre, bizarre, je pensais que me passer de sucre me fatiguerait encore plus, pourtant je suis encore réveillée. Serait-ce dû au fait que mon ordinateur m'a fait péter des câbles alors que je travaillais dessus ? Certainement. Mon énervement disproportionné est-il dû au manque ? Certainement aussi.

 

 

Jour 2

9h15 : je ne me sens pas en forme aujourd'hui, je n'ai pas entendu mon réveil, alors que j'ai dormi quasiment 9 heures. J'ai mal partout, je suis crevée et de mauvaise humeur. Est-ce le sevrage ? Ou le manque de clopes que je n'ai (finalement) pas fumé depuis près de 24 heures ? Ou mes hormones ? Ou bien encore mes carences dont je ne me suis jamais occupée ? Ah, mais c’est p'tet dû à l'alcool (sans sucre) que j'ai bu avant-hier soir pendant la fête de la musique ? Je ne sais pas, mais va falloir trouver la réponse et une solution, j'en ai marre de me réveiller fatiguée.

 

15h30 : je retourne faire quelques courses. C'est à dire qu'hier, j’ai acheté que des fruits. C'est peut-être bon, mais c'est pas ça qui va me nourrir. Alors que j'essaie de trouver une solution moins toxique à mes fringales je dois reposer le Saint-Morêt sur son étal. « Nan, mais, du sucre dans le Saint-Morêt, sérieux ?

 

15h32 : Ça sera sans pain, aussi. Ah ouais, y'en a vraiment partout, c'est terrifiant. Je sens que je vais avoir la dalle cette semaine, moi...

 

15h40 : Il est encore plus dur de passer devant le rayon Coca (bien rouge-voyant) que celui des glaces. Pourtant, j'en ai chez moi, mais je ne sais pas, de savoir que j'y ai pas le droit, j'en ai encore plus envie.

Le coca, j'y suis addict depuis mes 12 ans. Si au début, je buvais du light, ça fait bien 15 ans que je suis passé au normal. En moyenne, j'en bois au moins 33 centilitres par jour, donc je peux vous dire que le sevrage est TRÉS compliqué.

 

21h20 : je me sens particulièrement en forme. Je ne saurais vous dire si c’est la diet de sucre ou la fin de mes règles. J’espère que les détails vous plaisent. Cœur avec les doigts.

 

Jour 3

9h10 : je me sens super belle. Ma peau est bien moins grasse, mon ventre bien plus plat et j'ai moins de cellulite. C'est peut-être simplement grâce à la fin de mon cycle, mais j'aime à croire que l’arrêt du sucre n'y est pas pour rien non plus. Je me dis que je devrais tester la semaine sans sucre pendant la semaine règles pour voir si je suis moins cheum que d'habitude.

 

14h44 : encore une fois, j'ai oublié de vérifier si y'avait du sucre ajouté dans mon repas du midi. Y'en avait-il dans le chèvre ? Le miel, dont je les ai badigeonnés, était-il 100% naturel ? Je crois que je vais passer de « 1 semaine sans sucre raffiné » à « 1 semaine sans sucre raffiné, sauf quand je peux pas vérifier, ou que j'ai la flemme » y'en a partout bordel de merde, c'est l'enfer.

 

21h05 : tout ce que j'ai envie d'ajouter pour donner du goût à mes plats possède du sucre (vinaigre, Kikkoman, moutarde etc...) je fais comment, moi ? Bon, bah, du coup, je rajoute plein de sel et de poivre. Je ne sais pas si c'est mieux...

 

21h10 : ouais, j'ai encore de la moutarde chez moi. Avouez, vous êtes jaloux.

 

 

Jour 4

9h05 : je me rends compte que je me trouve belle car j'ai tout simplement perdu plusieurs kilos. Tu m’étonnes, je bouffe plus rien.

 

13h20 : un collègue pensant me faire plaisir (et connaissant bien mes goûts) m'offre un verre, bien frais, de Coca. Je lis la déception dans son regard quand je décline la proposition, pourtant trèèèèès alléchante. C'est dur, mais je suis trop fière de moi.

 

14h16 : on me met une fraise Tagada dans la bouche. Je recule la tête juste avant de commettre la fatale erreur. Ils se sont donné le mot aujourd'hui, ou quoi ?

 

20h51 : j'ai totalement craqué. À défaut de manger sucré, j'ai mangé gras. J'ai, littéralement, mis 4/5 d'une plaquette de beurre dans ma purée maison. Indécrottable la meuf, comme dirait ma mère.

 

21h : bon, bah, y'avait du sucre dans le beurre. Allez, nique ta mère la semaine sans sucre. Il est absolument impossible de le supprimer totalement. Disons que je vais le limiter au maximum et que ça sera déjà bien.

 

Jour 5

8h58 : j'ai un petit moral, aujourd’hui. Est-ce dû à la chaleur, au fait que je travaille un dimanche, au manque de sucre ou bien parce que mon chat a pissé pour la deuxième fois, en 2 jours, sur mon canapé tout neuf ? Arrêtez-moi, je vais le buter.

 

19h47 : mon chéri met du velours de balsamique dans la salade super saine que je viens de préparer. Pas le temps de le stopper que c'est déjà trop tard. « Mais c'est plein de sucre ça ! » que je lui hurle. « Pas beaucoup » qu'il me répond, en lisant l’étiquette, pas très sûr de lui. 46 grammes sur 100. Disons que ce n'est pas de ma faute...

 

20h26 : alors que monsieur dépose délicatement un Snickers glacé sur la table, un sourire diabolique au lèvre, je résiste de toutes mes forces. Ma Nicorette sans sucre me donnera un semblant de dessert. VDM. (Mais, proud of myself)

 

20h27 : oui, je fume ET je mâche des Nicorette, je suis addict aux 2, y'a quoi ?

 

Jour 6

11h27 : je me rends compte que j'ai moins envie de sucre, même si j'ai toujours mes reflex du matin. La brioche en ce jour chômé me manque terriblement.

 

15h16 : mon chéri (qui a décidé de suivre cette semaine sans sucre à mes cotés) semble encore plus en manque que moi. Alors qu'on se balade aux Baux de Provence, on ne fait que parler de ça et baver devant les marchands de glace. Selon les experts, l'addiction au sucre est pire que celle à la cocaïne. Je confirme.

 

22h : je me sens quand même vachement en forme. Je me rappelle quand j'avais 25 ans, je revenais d'un voyage en Asie pendant lequel je n’avais pas fumé pendant 2 mois. J’étais rentrée avec une patate d'enfer (alors que, pourtant, mon voyage était crevant). J'avais mis ça sur le compte de l’arrêt du tabac. Maintenant que j'y pense, je n'avais pas, non plus, mangé de sucre raffiné, les desserts n'existant quasiment pas là-bas. Est-ce que ça serait pas plutôt la diet de sucre qui m'avait donné autant la pêche ? Sûrement les deux, en vrai.

 

 

Jour 7

22h : l'heure est au bilan. Cette dernière journée s'est passé sans accroc, et la semaine est plutôt réussie. J'ai fait quelques erreurs de débutant, mais dans l'ensemble, j'ai respecté le contrat passé avec moi-même. Je réalise que je n'ai plus envie de Coca et je compte bien arrêter complètement. Les glaces me tentent encore, mais je crois que c'est plus le coté rafraîchissant que le sucre. Pour la brioche je n'en ai pas eu envie ce matin. Très bon point.

 

Physiquement, alors que j'accumule les heures de sommeil en moins et que j'ai fumé comme un pompier, je me sens plutôt en meilleure forme que la semaine passée. Après, je suis dans une bonne période pour les hormones, ça doit aider, mais je pense que le sucre en moins n'y est pas pour rien non plus. Vraiment, je vais retenter en période de règles pour voir ce que ça donne (surtout que j'en ai particulièrement envie durant ces quelques jours-là, donc hâte de voir si j'arrive à résister). J'ai perdu au moins 2 kilos sans même faire gaffe. Je ne sais pas si c'est grâce à l’arrêt du pain, mais j'ai le ventre beaucoup moins gonflé, même après un gros repas. (Sinon, mon transit va très bien aussi, je vous remercie.) Et enfin, l'aspect de ma peau s'est amélioré alors que je n'ai pas fait de sport de la semaine (sport qui élimine les toxines), ni pris le soleil. Le rapport de cause à effet est indéniable.

 

À part quelques sautes d'humeur dû, je pense, au sevrage, le bilan est satisfaisant. Régime sans sucre à continuer, même si je vais reprendre le pain car je crève littéralement la dalle. (Et que je vais m'accorder quelques écarts, parce que sinon la vie est moins belle. N'est-ce pas ?) En vrai, le sucre c'est vraiment de la merde et surtout ça sert quasiment à rien, surtout le raffiné, la preuve, j'ai finalement, réussi à m'en passer sans trop de problème. C'est, donc, sans nul doute, un essai à transformer

 

 

 

 

 

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