Avant, j'avais toujours quelque chose à prouver

Aujourd'hui je vais vous raconter une petite histoire.

Avant, j'avais toujours quelque chose à prouver.

 

Alors, vous allez me dire, « mais en quoi ça consiste exactement quelque chose à prouver ? » Et bien, c'est simple, ça consiste à vouloir montrer au monde ce que je valais. Par des comportements, des paroles, ou des faits.

 

 

 

Je ne me rappelle plus exactement quand ça a commencé, en revanche, je me souviens très bien qu'à 16 ans déjà j'arpentais les boites de nuits huppées. Je ne sais pas si certains vont en club sans se soucier d’où ils mettent les pieds mais, perso, je les choisissais toujours en fonction de la reconnaissance que cela pouvait m'apporter.

 

Car qui dit rentrer dans les meilleures boites dit avoir infiltré les hautes sphères de la société. Et moi, je voulais prouver plus que tout que je faisais partie de la haute, si honteuse de venir (en réalité) d'un bled paumé. (Et, bien entendu, cela me permettait, au passage, de mieux cibler mes futures conquêtes censées m'apporter ce statut tant rêvé.)

 

Alors, on peut croire qu'être en haut de l’échelle sociale de par mes fréquentations aurait pu me suffire à me sentir exister mais ça serait bien trop facile, non non, y'avait tout un tas d'autres domaines dans lesquels je cherchais à prouver ce que je valais.

 

Je ne compte plus le nombre de boulots que j'ai accepté parce qu'ils étaient valorisants et non pas parce qu'ils me convenaient. Ni tous ces post sur les réseaux pour montrer que mon appart était bien tenu, que j’étais belle, drôle, riche, intelligente ou encore bien maquée. (Guettant les like qui me prouveraient que ce que je pensais de moi était bel et bien vrai.)

 

Ou encore toutes ces répliques que j'ai sorti aux gens qui, d'une manière ou d'une autre, me rabaissaient.

 

Répétant en boucle à mes détracteurs que j'avais pleins d'amis, que je pouvais tout leur demander, que les mecs tombaient tous amoureux de moi, que mes patrons appréciaient beaucoup mon travail ou encore que mes clients m'adoraient.

 

Et puis, que dire de ce long voyage en solitaire que j'ai effectué juste pour montrer que je pouvais, moi aussi, faire partie du club des aventuriers ?

 

Et, pire, de ces 2 livres principalement écrits dans le but d'obtenir la reconnaissance intellectuelle que cela allait m'apporter ?

 

Désirant prouver au monde entier (mon père, en somme) que je n’étais pas complètement tebé.

 

C'est bien simple, tout ce que j'ai fait jusqu'à mes 33 ans avait, avant tout, pour fonction de prouver aux autres que j’étais une personne respectable, aimable ou que je réussissais tout ce que j'accomplissais.

 

Jusqu'au jour où j'ai compris que, bah, si je faisais tout ça c’est parce que, dans le fond (malgré ce que je pouvais répéter), je ne savais pas ce que je valais (hé, ouais).

 

Car quand on sait ce qu'on vaut, on n'a pas besoin des autres pour se le prouver.

 

Après mon burn-out en 2021, j'ai capté que je ne m'aimais pas, comme vous le savez. Et j'ai, au passage, réalisé que si je voulais prouver autant de choses c'est surtout parce que j'avais un sacré complexe d’infériorité.

 

Complexe d’infériorité d'ailleurs, bien souvent, exacerbé par un reproche qu'on m'avait fait.

 

Car les reproches quand on n'est pas sûr de soi, ça nous pique, ça nous déstabilise, ça remet tout en question et on a vite besoin de se rassurer. Mais vu que je savais pas le faire toute seule, je me rassurais en répétant tout bien qui j’étais. À savoir, qui j’étais à travers les yeux des autres ou par ce que j'avais accompli ou ce que je possédais.

 

Mon ego cherchant à me protéger en prouvant à tout le monde que je n’étais pas la personne qu'on insinuait que j’étais (c'est à dire une merde, pour résumer).

 

Car, la vérité, c'est que quand on veut prouver aux autres, qu'on est beau, intelligent, fort, aimé, travailleur, qu'on a de l'argent, du pouvoir, des amis, qu'on est cultivé, ou encore qu'on ne s'ennuie jamais, par des phrases, des post sur les réseaux, par le travail, ou l'accomplissement de tout un tas d'activités, c'est parce qu'on n'est pas sûr de soi, parce qu'on ne s'aime pas, parce qu'on ne sait pas, dans le fond, qui on est.

 

Vouloir prouver aux autres ce que l'on est, ce que l'on possède ou ce que l'on fait, c'est, dans le fond, essayer de se convaincre soi-même qu'on est une bonne personne qui répond parfaitement aux désirs de sa famille ou la société. Parce qu'on n'en est pas persuadé.

 

 

Quand j'ai réalisé que je ne m'aimais pas j'ai remarqué que c'est parce que mon estime de moi était mal évaluée, ou mal équilibrée, comme vous voulez.

 

Et, j'ai alors entrepris des exercices pour apprendre à me connaître et à m'aimer. J'ai fait beaucoup de séances d'hypnose, de régression (pour aller retrouver mon enfant intérieur) j'ai observé mes réactions, j'ai lu, j'ai voulu comprendre pourquoi j'avais ces mécanismes et puis, bon, j'ai fini par comprendre, qu'en fait, comme tout le monde, j’étais une bonne personne qui se défendait juste parce qu’elle se sentait blessée.

 

J'ai donc appris à accepter mes traumatismes puis à soigner mes peurs ancrées afin que mes mécanismes de défense (vouloir toujours prouver aux autres qui on est, en est un) puissent s'apaiser.

 

Maintenant, après un long travail sur moi, j'ai enfin compris que "qui je suis" c'est qui je suis profondément, intérieurement, c’est mes valeurs, mes caractéristiques, enfin bref, c’est moi, et non pas ce que je possède ou ce que je fais.

 

Aujourd'hui, je m'aime de plus en plus et même si le travail n'est pas complètement terminé, je remarque de vraies différences. Je me préoccupe beaucoup moins du regard des autres ou me sens beaucoup moins attaquée. Je ne fais plus les choses en fonction de ce qui va plaire ou non, mais pour moi ou par envie de partager.

 

Après, évidement je me demande tout de même à quel point on peut vivre sans jamais rien vouloir prouver. On a besoin de l’amour des autres, on a tout de même un minimum besoin de plaire, et je pense qu'il est un tant soit peu nécessaire de montrer aux autres ses qualités ou ses forces pour ne pas se faire écraser. Mais je pense que, comme tout, il faut un juste milieu. Montrer sans se dénaturer, montrer sans que ça devienne obsessionnel. Juste ne pas cacher qui l'on est ou ce que l'on fait, mais sans que ce soit dans le but de prouver.

 

N'oubliez pas, vouloir prouver aux autres ce que l'on est, ce que l'on possède ou ce que l'on fait, révèle un manque profond d'estime de soi. Car, quand on sait qui on est, on n'a pas besoin de le montrer.

 

Allez, namasté.

 

 

1 comment

  • Me ha gustado mucho este artículo.
    Hay que valorarse a uno mismo y no obsesionarse con gustar a los demás. Pero sin olvidar que el ser humano es más feliz cuando comparte su vida con la gente a la que quiere.

    Carmen

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