Avant, je rejetais les gens

ALERTE MEGALO ! ALERTE MEGALO ! (Oui, bon, comme d'hab, mais là, je vais faire pire, je préfère prévenir.)

 

Aujourd'hui, je vais vous raconter une petite histoire. 

Avant, j’étais une star. 

Roh ça va... on peut même plus rigoler.

Evidemment que (même si c'est, bien entendu, vrai) c'est pas le sujet.

Le sujet c'est : « avant, je rejetais les gens ». Mais, vous allez comprendre, qu'en vérité, c'est lié.

 

Moi, rejeter les gens ? Moi ? MOI ??? Moi, qui attirais tant de personnes de part mon aura, mon énergie et mon incroyable charisme ? ( j'ai prévenu.) Moi, qui étais entourée de centaines de gens  ? Moi, qui n’étais qu'amour pour son prochain, qui ouvrais sa maison à toutes les âmes errantes et blessées ?

Moi, qui ne faisais qu'agrandir mon cercle d'amis d'années en années ?

 

Oui. Moi-même. Car, en réalité, tout ceci n’était que superficialité et je ne laissais, dans le fond, personne, entrer dans mon intimité.

 

 

Bon alors, à la base, j’avais pas du tout prévu d’écrire ma chronique sur ce sujet, mais, aujourd’hui, un client habitué de mon resto m'a, comme à son habitude, fait la bise ( je l'apprécie beaucoup et je crois que c'est réciproque), mais, comme à son habitude aussi, (je l'apprécie comme un père, calmez-vous, il a 163 ans) il m'a fait la bise avec un mouvement de recul. Bon, alors, ptet je pue et j'suis dans le déni (c'est tout de même une hypothèse à prendre en compte, sait-on jamais) mais, je crois surtout, qu'il n'aime pas la chaleur humaine, car y'a pas qu'avec moi qu'il le fait.

 

Et aujourd’hui, je ne sais pas pourquoi, ce geste m'a rappelé mon papa, qui, depuis petite, demande ou répond à mes câlins en respectant toujours le même rituel sacré.

 

À savoir, d'une façon apparemment chaleureuse mais, en me repoussant, dans le même temps, gentiment des 2 mains (et s'il le pouvait, des 2 pieds). Depuis toujours, l’étreinte ne dure jamais longtemps et les « je t'aime » sont comptés. Et vous savez quoi ? Je crois que j'ai hérité de quelques un de ses traits (ah bon ? Comme c'est étrange.)

 

Alors, certes, contrairement à lui, j'ai toujours été exagérément chaleureuse et mes câlins ont toujours dégouliné de bisous baveux et de « je t'aime ». Mais une part de moi se trouvait, également, toujours gênée lorsqu'on me rendait mon étreinte avec la même force, et surtout, dubitative, quand on disait en retour, aussi, m'aimer.

 

Ils mentaient ces gens-là, c’était obligé.

Du coup, je préférais me protéger.

 

J'ai donc, très tôt, appris à faire en sorte d’être toujours attractive pour qu'on vienne agrandir mon cercle d'amis et autres amoureux transit car, j'avais, paradoxalement, une dépendance affective grande comme le trou de la couche d'ozone à combler mais sans que j'ai trop, non plus, à m'engager. Je donnais, au début, beaucoup d'amour et d'attention (parce que c'est le meilleur appât, you know) mais, dès qu'on m'aimait (trop) en retour, hop, je méprisais la dit-personne et la priais de bien vouloir dégager.

 

Toute ma vie, j'ai donc beaucoup donné mais sans trop me mouiller. Sans trop m’intéresser. Car trop s’investir ou s’intéresser à une seule personne c’était prendre le risque de m'attacher. C’était laisser l’occasion de trop la connaître, et donc de trop l’aimer. Et donc, d'être au final, blessée quand elle s'en irait.

 

Préférant ainsi, me nourrir, pendant de longues années, d'un amour quantitatif et superficiel plutôt qu'un qualitatif sûrement plus intense mais bien trop risqué.

 

Je ne compte plus le nombre d'amitiés ou d'amours naissantes que j'ai brisées parce qu'on me demandais du temps, de me livrer (vraiment hein, pas juste ce que je voulais bien montrer), ou encore l’exclusivité.

 

Je ne compte plus le nombre d'ex m'ayant qualifiée de « sans cœur », de « vampire », de « sorcière », qui donne tout puis qui reprend tout une fois que ça devient concret.

 

(Et c'est pourquoi, je préférais des « connards » ou des taiseux car, au moins, avec eux l'amour n’était jamais véritablement acté.)

 

J'ai donc fait ça toute ma vie de mes 10 à mes 34 ans. Jusqu'à ce que je rencontre des gens qui ne m'ont pas laissée les dégager.

 

Et ça a tout changé.

 

Alors que j'ai pourtant tout fait (comme d'hab) pour les rejeter (vraiment tout, hein, (cf : toutes mes autres chroniques où je parle de la période où j'ai craqué et insulté presque tous mes potes, de ma meilleure amie d'enfance aux plus récents)) ceux-là sont restés (ou, plutôt, sont revenus).

 

 

 

Sûrement, parce qu'avec eux j'avais déjà appris à un peu laisser tomber ma carapace. Sûrement, parce qu'ils sont les plus belles personnes que la terre puisse connaître. Sûrement, parce que j'avais grandi. Sûrement, parce que je me suis sincèrement excusé aussi, chose que je n'avais jamais fait.

 

Toujours est-il que, ces actes d'amour réciproque m'ont montré que je ne méritais pas d’être abandonnée, comme je le pensais.

 

Ce jour-là (ou cette période, si on englobe mon amie d'enfance) j'ai compris que je pouvais vivre un amour sincère et partagé, et je dirais même que, j'ai, en fait, simplement compris que ce genre d'amour existait (parce qu'en vérité, je ne savais même pas ou plutôt « plus » mais ça remontait à si loin que j'avais oublié comment on faisait pour véritablement aimer).

 

Aimant depuis presque toujours d'un amour pragmatique et dur dans lequel il fallait avoir montré un milliard de preuves (et faire un « sans faute ») avant que je m'autorise un peu à y croire et, donc, à me lâcher.

 

Ce jour-là, je me suis enfin libérée. Libérée du poids de la peur d’être rejetée, libérée de la peur de voir disparaître un jour ceux que j'aimais, libérée de la peur de ne pas être, moi-même, assez bien pour être aimée.

 

Et je vous raconte pas comment la vie est incroyable depuis, mais vous pouvez imaginer.

 

Car depuis, j'apprends à vraiment vivre dans l'amour (de moi-même avant tout, mais aussi des autres) et non plus à me protéger. (Et c'est si beaaaaaauuuu.)

 

 

Depuis, chaque jour est un enchantement, car l'amour (si immense) que j'avais au fond de moi et que je donnais partiellement aux autres, j'ai enfin pu me le redistribuer.

 

Aujourd'hui, quand mes amis me disent qu'ils m'aiment, je les crois. Aujourd'hui, je leur rends tout cet amour et je consacre une grande partie de mon temps et de mon énergie (que je dépensais avant pour la terre entière), en retour, à les combler.

 

Aujourd'hui, je fais en sorte d'aller vers de nouveaux gens aussi, et non plus d'attendre qu'on vienne me trouver. Je fais des test, je ne vais plus vers mes critères habituels qui me rassuraient (les connards pour ne citer qu'eux), je fais tomber mes croyances et mes jugements, et du coup, bah, je fais pleins de nouvelles expériences et je découvre de nouvelles personnalités.

 

Enfin bref, aujourd'hui, je me rends compte que de ne pas rejeter les gens, c'est vivre dans l'amour et que vivre dans l'amour c'est INCROYABLE, car ça remplie tes journées d'une immense et merveilleuse intensité.

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