Avant, j'étais egocentrique

Aujourd'hui, je vais vous raconter une petite histoire.
Avant, j’étais égocentrique.

 

 

Ouiiiii, booooon, alooooors, en vraiiii, « avant, avant » un peu, encore, beaucoup, pas mal, maintenant, on va pas se mentir, tout le monde le sait (moi en premier).

 

Mais bon, disons que y'a du (mille fois) mieux et rien que pour ça, ça mérite d’être raconté au passé.

 

En même temps, vu d’où je partais c’était pas trop, trop compliqué de s’améliorer.

Je ne sais pas si, dans une vie antérieure, j’étais une star mondialement adulée (ça m'arrangerait bien pour l'expliquer), mais ce que je sais, c'est que j'ai toujours pensé avoir une exceptionnelle personnalité.

Je me revois parfaitement, petite fille, exécuter mes chorégraphies dans les supermarchés, persuadée qu'un jour Michael Jackson me repérerait (oui, rien que ca). Je me rappelle très distinctement me dire que tout le monde me regardait, que tout le monde m'enviait, et je ne comprenais, d'ailleurs pas, qu'on ne vienne pas plus m'interpeller.

 

Bon, vous allez me dire, c'est des délires de petite fille, et on en connaît un paquet. Il paraît même que c'est normal et plutôt sain, en revanche, ce qui ne l’est pas, c'est quand à 30 ans on n'a toujours pas évolué.

Et, le problème, bah, c'est que moi, en grandissant, faire ma star (et me prendre pour), bah, j'ai jamais arrêté. (Et quand bien même cet enfoiré de MJ ne m'ait jamais contactée).

 

Pendant 33 ans, j'ai, donc, livré bataille (parfois sanglante) avec le reste du monde, mais surtout, avec moi-même, pour continuer, encore et toujours, à briller.


En prenant toute la place partout où j'allais (me préoccupant peu d'en laisser aux autres, me disant que s'ils en voulaient ils n'avaient qu'à me dépasser). En étant obsédée par l'image que je renvoyais (passant ma vie à me comparer, à vérifier que ce que je montrais semblait bien parfait, tout en étant persuadée de plaire au monde entier). En n'écoutant réellement jamais (car, de toute façon, personne ne m’intéressait), attendant simplement le mot qui me permettrait d’enchaîner sur ma vie à moi, qui méritait, en soi, bien plus d’intérêt. Et enfin, et surtout, en pensant détenir l'unique et seule vérité sur à peu près tous les sujets (en prenant chaque remarque ou contre argument comme une agression à laquelle je devais répondre de manière enragée.) 

 

C'est bien simple, jusqu'à mes 33 ans donc, tout était bon pour me conforter dans l’idée que sur cette terre, personne n'était véritablement de confiance, tout le monde pouvait potentiellement m'attaquer, que tout n'était que compétition et que, donc, par extension, seule moi comptait (parce qu'il fallait, dans tous les domaines, gagner). 

 

Dieu j’étais et Dieu je resterai.

 

Mais comment se sentir véritablement aimé, quand ce que les gens adulent n'est pas la vérité ?
Cette vérité que tu ne veux pas montrer, persuadée qu'elle ne sera jamais acceptée...


C'est le serpent qui se mord la queue, ton ego (un peu con) qui essaie à tout prix de te protéger, et toi, qui ne sais même plus, dans tout ce bordel, qui tu es.

 

Mais, un jour, il s'est passé quelque chose que je pensais ne jamais voir se réaliser. On m'a prouvé (ou plutôt, que j'ai accepté) que je pouvais réellement être aimée pour qui j'étais (c'est à dire, tout sauf ce personnage de star que je m’étais crée pour me protéger), que même faible, on n'essaierait pas de m'abuser ou me tuer. Que je pouvais faire confiance, que des personnes méritaient de l'intérêt, et que la vie n'était pas faite que de dangers.

 

Et c'est là, que j'ai compris, que depuis toujours, par tous ces comportements egocentrés, je ne cherchais finalement qu'à être rassurée.

Ce jour-là, merci mon dieu (pas moi, donc, malheureusement), à bout de souffle (et de munitions), mon inconscient a fini par faire en sorte que je capte que d'une, mon moi intérieur il était pas si horrible que je le pensais, et que de deux, ceux des autres, non plus, en m'entourant de personnes aux grands cœurs, ne se faisant, de surcroit, pas avoir par ma fausse personnalité (je vous laisse aller lire mes autres chroniques pour les détails, flemme de répéter).

 

Et, j'ai enfin pu découvrir que (au prix de quelques grosses blessures à l'ego) loin d’être exceptionnelle, en fait, j’étais. Que c’était, au contraire, parce que je me sentais, en réalité, profondément, inférieure aux autres, que mon ego faisait tout pour que je me crois, en surface, supérieure, afin de me rassurer (le pauvre, on le pardonne, il a fait comme il pouvait).

La vérité, c’est que j’étais tellement embourbée dans mes peurs et mes angoisses que l'urgence vitale était de centrer toute mon énergie sur moi afin de me protéger. Et qu'il n'en restait, donc, plus pour les autres, ou du moins, pas pour les autres sans intérêt egocentré.

 

J'ai enfin arrêté de considérer le reste de la race humaine comme un ennemi représentant un potentiel danger.

 

Car l’égocentrique, sous ses airs indifférents et supérieurs, est, en réalité, un être en souffrance, qui n'aspire qu'à une seule chose : se sentir aimé.

Heureusement, j'ai fini par comprendre que je pouvais changer et j'ai donc entrepris de me soigner. En apprenant à m'aimer comme vous le savez, mais aussi, en lisant énormément sur la spiritualité. Spiritualité qui t'apprend, que nous avons tous la même place sur terre et ce, peu importe nos capacités.

Et quand l'on apprend à se connaître, vraiment, sans plus douter (ou si peu) de qui on est, on arrête, au passage, d'osciller entre complexe de supériorité et d’infériorité (et donc d'avoir besoin de se rassurer (en étant egocentré (CQFD))).

Aujourd'hui, je me connais, du moins, je crois, du moins, j’arrête d'autant douter. Et même si j'ai encore parfois du mal à l'admettre, j'ai compris que mon vrai moi, il était finalement, comme tout le monde, fait de forces et de faiblesses, de défauts et de qualités, que ce n'était pas mortel, et que les autres étant pareils, méritaient, donc, confiance et intérêt. Aujourd'hui, j'ai compris que ce n’était pas mon vrai moi qui paraissait spécial, mais la carapace de protection que je m’étais forgée. Et qu'elle semblait si spéciale, simplement et tristement, parce que j'avais peut-être eu plus besoin que la normale de me protéger.

Aujourd'hui, après avoir entrepris de rassurer l'enfant en moi, je me sens réellement plus apaisée et je peux donc dépenser mon énergie dans autre chose que tous les mécanismes de défense possibles et inimaginables que j'utilisais pour me protéger. Aujourd'hui, cette énergie je la dépense avant tout pour moi, bien entendu (car nous restons les êtres les plus importants sur terre je le rappelle), mais aussi, dorénavant, pour les autres que j'apprends, avec plaisir, à connaître, à découvrir, et surtout - réellement, sincèrement et dénué d’intérêt egocentré - à écouter !

Allez, namasté.
 

 

 

 

 

 

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