Avant, j'étais tout le temps pressée

Cette semaine je vais vous raconter une petite histoire.

Avant, j'étais tout le temps pressée.

Mais genre tout le temps.

Normal, j'avais pas le temps.

J'avais toujours un truc d'organisé.

 

Un boulot qui me prenait 10 heures par jour, un RDV chez le coiffeur, un ami à voir, du ménage à faire, un cadeau à offrir, un week-end à organiser, un livre à écrire, ou encore, une grand-mère à appeler.

 

Chaque seconde de ma vie était comptée et mon agenda millimétré.

 

« J'ai pas le temps » était ma phrase préférée. Tout le monde savait que j'avais beaucoup de travail, et j'avais toujours une excuse pour ne pas venir à une réunion, un date ou une soirée.

 

Je vous l'ai dit ! J'avais pas le temps ! J'en passais déjà beaucoup trop à faire les choses que j'avais planifiées. Mais c'est ça la vie, après tout, non ? Il faut la remplir pour se sentir exister.

 

Et gare à celui qui avait décidé de m'en empêcher !

Si un imprévu ou un tiers m'obligeait à changer mes plans, j'explosais et lâchais tout mon stress à la figure du malotru qui avait tout déclenché.

 

Ah, fallait pas me faire chier ! J'avais pas le temps d’être patiente ou tolérante, pas le temps d'entretenir de vraies relation, et à peine le temps de décompresser.

 

Même en soirée, je pensais toujours à la tâche du lendemain qui m'attendait et qu'il ne faudrait surtout pas louper. Et je ne perdais jamais le contrôle, puisqu'une perte de contrôle signifiait faire potentiellement tout foirer.

 

Comme vous pouvez l'imaginer, je courrais, donc, tout le temps. Mais bon, il faut ce qu'il faut pour avoir une vie bien remplie, bien cadrée, dans laquelle on ne s'ennuie jamais.

 

Alalala, qu'est-ce que ça pouvait me rendre fière d’être si pressée. Je me couchais après chaque journée bien remplie, pendant laquelle j'avais effectué les tâches de ma liste, avec la satisfaction du travail accompli. Fière comme l’auraient été mes parents s'ils m’avaient vue. Fière d'avoir été une bonne petite fille sage et disciplinée.

 

Et, puis, évidemment, un jour, après des années et des années à courir, j'ai fini par craquer.

 

Trop de stress, trop de pression, trop de demandes, trop de gens à contenter. Presque jamais de détente, très peu de repos, très peu de réel plaisir, mon corps et mon mental m'ont lâchée.

 

Et après ça, pendant des mois, à bout de souffle, je n'ai même plus eu la force de travailler.

 

Ah bah, là, du temps j'en avais. Contrainte et forcée, je n'ai, donc, pas eu d'autres choix que de me soigner.

 

Soigner mon mental d'abord, mais aussi ma fatigue générale, mes maux de dos, mes tendinites, mes tensions, et même mes cystites que j'avais car je n'allais jamais aux toilettes quand il le fallait.

 

Lire, dormir, se faire masser, écouter de la musique, ou juste ne rien faire tout simplement, seule, complètement seule, c’était la meilleure chose qui pouvait m'arriver.

 

Car c'est là que j'ai compris, qu'en fait, bien vivre ce n’était pas être tout le temps pressée. C’était plutôt profiter du temps présent, se faire du bien (du vrai) et prendre les choses comme elles venaient.

 

Mais pour comprendre ça, il faut avoir du temps pour se poser, chose que je n'avais jamais.

 

Alors que, plusieurs mois plus tard, une fois les forces retrouvées, j'ai dû reprendre ma vie en main, j'ai réalisé que 90% des choses que je faisais avant, je le faisais pour les autres, et non pas pour moi, et que le 10% restant, je ne prenais même pas le temps de l’apprécier.

 

J'ai alors tout repensé.

 

Fini de travailler 10 heures par jour parce que ça fait bien de beaucoup travailler et de beaucoup gagner, fini de s'occuper de la terre entière, de n'oublier aucune anniversaire, par peur de ne pas être aimée, fini d'honorer des RDV auxquels on n'a pas vraiment envie d'aller, d'organiser des week-end tous les 4 matins pour montrer qu’on a une vie remplie, fini d'entretenir son corps, ses cheveux, et ses ongles à outrance, de faire sans cesse le ménage pour montrer qu'on est parfaite, et fini de voir des gens parce qu'on se sent (des 2 côtés, en plus, souvent) obligés !

 

C'est comme si pour la première fois de ma vie je respirais ! Finalement, la vie, ce n’était pas si compliqué, il suffisait de réaliser qu'on ne peut pas tout faire, qu'on ne peut pas contenter tout le monde, et que ce n'est pas grave, le principal étant de se contenter soi-même et de choisir ce qui nous plait le plus, pour qu'elle soit belle et apaisée.

 

Je me suis juré de ne jamais recommencer.

 

Depuis j'ai appris à prioriser. À ne pas trop me mettre sur les épaules, à ne pas trop écouter les autres et à ne pas trop m'en demander. Avec le temps, j'ai appris à faire passer en premier les choses que j'aime. Vraiment. Pas par obligation ou pour faire plaisir à quelqu’un ou à la société. Et, maintenant, tout ce que je fais, je prends le temps de l’apprécier. On me propose un RDV ? Je réfléchis avant de répondre : ai-je vraiment envie d'y aller ? Je trouve que le ménage de mon appartement laisse à désirer, je me demande : est-ce que ça peut attendre, ou ai-je vraiment envie de fournir l'effort à l'instant T pour le réaliser ? Ai-je autant besoin d'argent que ça ? Ou puis-je me permettre de moins travailler ? Etc, etc...

 

Et, oh, surprise ! Tout ce temps gagné, ça m'a finalement permis de laisser place à l’imprévu, d'accepter des propositions de dernières minutes, de prendre le temps nécessaire pour profiter de mes vrais amis, sans courir car on a autre chose derrière d'organisé, de découvrir de nouvelles personnes, de ne rien faire aussi, ou encore de tester de nouvelles activités. Alors que j'avais peur de devenir une feignante qui ne fait rien de ses journées, ma vie est devenue encore plus remplie. Remplie de plus d'amour, de plus de nouveauté, de plus de détente et de choses que l'ancienne moi aurait pensé sans intérêt avant, comme : marcher, me cultiver ou cuisiner.

 

Toutes ces choses qui font que je me sens, aujourd'hui, plus joyeuse et apaisée que jamais !

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