Avant, j'étais une FOMO

 

FOMO ou syndrome FOMO, Fear Of Missing Out, pour les intimes, c'est le joli petit mot pour décrire une vraie pathologie psy, à savoir, l'angoisse de louper toute occasion qui nous permettrait d’interagir socialement, que ce soit : des événements, des messages, des RDV amicaux ou familiaux, une nouvelle importante, etc...

 

Je ne me souviens plus très bien quand cela a commencé, mais je me rappelle déjà, que, vers mes 10 ans, j'angoissais de rater la rentrée des classes, les départs en vacances, ou encore, de ne pas être mise au courant de la naissance de mon petit frère.

 

Plus tard, cela se traduisit par une peur intense de ne pas avoir lu tous mes messages et je passais plusieurs longues minutes avant de me coucher à checker toutes les plateformes possibles sur lesquelles j'aurais pu en laisser passer (boite mail, MSN, Skyblog (oui, je suis vieille) SMS, etc...).

 

Je ne connaissais pas encore le terme FOMO, mais il est sûr que j'en étais.

 

Puis, bien plus tard encore, à mes 30 ans, cela s'aggrava un peu plus lorsque je découvris le monde de la techno, monde merveilleux rempli de semblables que j'avais passé ma vie à chercher.

 

D'un coup, c'est comme si je découvrais enfin ma communauté, et ce fût, donc, bientôt, les fêtes, toutes les fêtes, que je voulus pas manquer.

 

Pendant de longues et merveilleuses années, je fus ainsi, connectée H24 à mon téléphone, à l'affut du nouveau message, du nouveau groupe, du nouvel événement. Constamment à la recherche de la teuf de plus en plus parfaite. Continuellement en train d'alimenter mon réseau pour ne pas être écartée. 

 

Le FOMO possédant ainsi les instants et les fréquentations pour se réconforter.

 

Et, s'il m'arrivait, parfois, de ne pas pouvoir assister à un événement dans lequel tous mes amis allaient, une sourde et profonde angoisse me traversait et je pouvais même y penser, encore, des mois, voire des années après.

 

Puis un jour, j'ai été contrainte et forcée de faire une pause. Et alors, le vide est revenu, encore plus fort d’avoir connu la sensation d'avoir un jour été comblé.

 

En plein (terrible et douloureux) sevrage, (et, dorénavant consciente d'être atteinte du syndrome FOMO) j'ai alors réalisé que la joie et l'amour (superficiel ou bien réel) que je trouvais dans les interactions sociales, remplissaient, brièvement, une peur que je n'avais jamais réussi à soigner : celle de ne pas être aimée.

 

 Et, j'ai, aussi et surtout, compris que je pourrais assister à toutes les fêtes que je voudrais, le problème ne serait jamais vraiment réglé, mais, juste, compensé.

 

J'ai alors entrepris de trouver une manière beaucoup plus saine et pérenne de me soigner : en apprenant à réellement m'aimer.

 

S'il m'a fallu, pour cela, passer par une (très longue) phase de rejet total de toute sociabilisation (afin de me laisser le temps de me recentrer sur moi-même), aujourd’hui, je suis en train de trouver l’équilibre. Si, je recommence à sortir, à répondre à mes messages ou, à, de nouveau, fréquenter du monde, aujourd'hui, ce n'est plus ma priorité.

 

À présent, j'aime toujours faire la fête, mais c'est un bonus. Elle vient ajouter plus de joie à ma vie déjà bien remplie par l'amour que je lui donne, mais, n'a plus fonction de me sauver.

 

Aujourd'hui, je rate pleins d’événements (que j'aurais considérés, avant, comme vitaux) tout simplement parce que j'ai diversifié mes intérêts, et que je n'ai, donc, pas le temps et l’énergie de tout faire. J'oublie aussi des d'anniversaires, des RDV, parce que je ne me stresse pas à tout noter, mais ce n'est pas grave, car, les vrais amis, savent pardonner. Et, toute cette énergie gagnée, je la dépense, dorénavant, dans les choses essentielles, qu'avant, je mettais de coté : comme manger, dormir, me reposer, ou, apprendre, encore un peu plus, a m'aimer.

Leave a comment

Please note, comments must be approved before they are published