Prise de conscience de son vrai soi, Ce déclic qui mène à l’éveil spirituel (partie 3)

by France Missud 

L’éveil est un processus sans fin que nous effectuons par étapes plus ou moins flagrantes. Celles que nous conscientisons sont de véritables révélations. Si le mien a débuté il y a plusieurs années sans que je m'en rende vraiment compte, aujourd'hui je vous parle du palier qui a tout changé : celui qui m'a fait prendre conscience que je vivais dans un mensonge.

C'est quand j'ai détruit mes croyances que j'ai saisi qu'une autre réalité existait.

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Petite explication : comment nous fonctionnons inconsciemment

 

pourquoi nous avons tant besoin d’être aimé : nous avons associé, il y a des milliers d’années, notre survie au fait d’être aimé : si l'homme des cavernes n'était pas apprécié par son groupe, il se retrouvait donc seul et en potentiel danger mortel. Aujourd'hui, nous assimilons toujours nos carapaces, nos fausses personnalités, à des armures nous protégeant de la mort. C'est pourquoi, dès que quelqu'un tente de nous rabaisser, de nous critiquer, dès qu'on nous fait comprendre que l'on ne nous aime pas, notre ego a l’impression qu'on essaie d'attenter à note vie. Nous nous défendons, donc, de diverses façons, en fonction de notre personnalité et de notre faculté d'adaptation.


carapace : cette fausse personnalité (plus ou moins forte que nous portons plus ou moins souvent selon les peurs avec lesquelles nous avons grandi) que l'on s'est créée pour être aimé et donc survivre : elle a caché notre vrai soi en s’adaptant aux autres pour être accepté et donc en sécurité.


l'ego : défend nos croyances et donc notre carapace (par la justification, l'attaque, la condescendance, la plaisanterie, le mépris, la violence, l'ignorance etc...). Tomber l'ego c'est faire tomber nos défenses, c'est accepter de ne pas être aimé, de vivre dans le risque. Tomber l'ego c'est retrouver son vrai soi. Tomber l'ego c'est vivre, vraiment.

 

La remise en question : Comment j'ai découvert que je me trompais


Mon éveil a débuté, en réalité, il y a longtemps, lorsque j'ai pris conscience que le monde se montrait bien plus complexe qu'il n'y paraissait. Mais si les attentats de 2015 et un voyage en Asie m'ont ouvert les yeux sur l'autre et sur le monde en général, je n'avais jamais fait le travail sur moi-même. Il y avait des choses que je pensais inconsciemment immuables, telle que la personne que j’étais.


Après mon pétage de câble, je me suis retrouvée seule. Toute seule. Pour la première fois de mon existence. Même mon mec, qui était revenu dans ma vie, ne m'accordait plus aucun intérêt. Même ceux disant me pardonner gardaient de la rancœur. J'avais éloigné, blessé ou fuis toutes les personnes que j'avais aimées un jour. Bien entendu, deux ou trois ne m'ont pas lâchée, m'ont tout de suite pardonnée, mais tous les autres, la majorité, n’était plus là. Ce que je ne savais pas, c'est qu'ils se respectaient trop pour accepter sans sourciller qu'on leur fasse du mal.


Faire du mal aux gens (même si jamais à cette ampleur) j'étais coutumière des faits depuis longtemps avec mes proches. Je pensais que ça les rendait forts. À l'image de ce que j'avais fait pour moi, ma mère ou quelques uns de mes ex violents, je poussais les gens dans leur retranchements pour que cela bouscule quelque chose chez eux, pour qu'ils s'endurcissent. Et ça fonctionnait, à chaque fois. Mais à quel prix ?


Je pensais que le bonheur c’était survivre à ce monde en se construisant la carapace parfaite. Je pensais que c'était ça se réparer : devenir fort, être prêt à encaisser les prochaines attaques en connaissant et contrôlant son monstre. J’étais, donc, de légèrement piquante à très violente, en fonction de la taille du monstre que je voyais chez l'autre. Poussant même certains de mes ex, ne voulant pas admettre leur part d'ombre, totalement à bout... En réalité, j'avais juste trouvé la légitimité de contrôler les sorties nécessaires de la mienne, en pensant faire le moindre mal. Une sorte d' « une pierre deux coups » où je passais ma vie à faire combattre mon monstre contre ceux des autres pour "faire le bien". Dexter, version non sanglante.


Et malgré tout ce que me disaient certains de mes nouveaux amis je n’écoutais pas. Entêtée, sûre et certaine de détenir la vérité suprême amenant au sauvetage de l'humanité, je ne voulais pas entendre que toute cette violence n’était pas normale, qu'on pouvait faire sans. Je demandais des preuves du contraire, un discours structuré, des faits, que, bien-sûr, on ne m'apportait pas, puisque je ne laissais jamais parler les autres. Alors, quand ces amis se sont éloignés, et ce malgré toutes mes justifications, je n'ai pas compris. Jusqu’à présent, les gens qui disaient m'aimer revenaient toujours vers moi. Soit, en se vengeant en me faisant du mal à leur tour, soit, en acceptant sans rien dire, mais ils finissaient toujours pas être d'accord avec moi. Sauf que cette fois-ci, mon inconscient avait choisi d'aimer des personnes que je ne pouvais pas contrôler, que je n'arrivais pas à convaincre. Des personnes se respectant assez pour ne pas accepter qu'on leur fasse du mal, des personnes avec des ego aussi grands que le mien, mais plus apaisées, ayant compris que la violence n'est pas une réponse. Mon inconscient avait enfin pris le risque d'aimer des adversaires à ma taille, des personnes que je pouvais perdre à regrets si je ne me réveillais pas.


Ne pas me pardonner, ne pas croire en mes justifications, ne pas me laisser faire, bien qu'ils ne l'aient pas fait dans ce but mais dans celui de se protéger, ont été les meilleures choses qu'ils pouvaient faire pour que je comprenne enfin mes erreurs. Pour me faire comprendre que se respecter, vraiment, s’était s’éloigner et non pas subir, ou se venger. Pour me faire comprendre que c’était ce que les gens qui s'aimaient, faisaient.

 

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Je n'avais plus personne pour me réconforter. J'avais envoyé balader ma famille, je n'osais pas demander d'aide à mes autres amis (que j'avais, pour beaucoup, éloigné de ma vie quand j'avais rencontré le groupe), je n'arrivais plus, non plus, à me réconforter grâce à ma super carapace car je n'avais plus la force de la faire réapparaître, et je n'avais plus l’énergie de nouer de nouvelles relations pour me faire aimer de nouveau. Le seul que j'avais gardé étant mon petit ami que je méprisais à rester. Il ne montrait plus aucune empathie pour moi et continuait à me manquer de respect. Il se vengeait en somme. Réalisant que j'avais dès le début vu le mal en lui (me ramenant au mal que je voyais en moi), que je ne l'aimais pas pour les bonnes raisons et n'ayant plus la patience de répondre avec sagesse à ses attaques, il n'y avait plus que la bête blessée, la part sombre de mon vrai moi, qui parlait. Constamment. Et il me montrait quelque chose que je n'aimais pas. Je me trouvais violente, fragile, monstrueuse, faible, méchante mais, surtout, je me sentais coupable. Chercher à comprendre comment camoufler mon monstre, contrôler mes émotions, chose que j'avais toujours fait, me demandait une énergie que je n'avais plus. Pendant plusieurs semaines, seule et fragilisée, je n'ai alors eu d'autre choix que de vraiment essayer de comprendre ce qui n'allait pas chez moi.


C'est finalement en me vidant complètement de mon énergie, par mes décisions, par les situations que j'avais créées, que j'ai réussi à me retrouver seule avec moi-même, pour affronter mon dernier démon, le plus gros, ce dont j'avais toujours eu besoin mais que j'avais toujours repoussé.


J'ai ainsi réalisé que j'avais, toute ma vie, blessé les gens que j'aimais, pensant me défendre de leurs attaques supposées, pensant les sauver, parce que je ne faisais pas confiance. Ne croyant pas en leur amour, méprisant ceux voulant me garder dans leur vie, je les avais finalement bien souvent attaqués en premier. J'avais, très souvent, tout fait pour dégoûter les gens disant m'aimer en leur montrant mes mauvais côtés, puis je fuyais, n'acceptant pas de voir ma culpabilité en face. Je les accusais d’être totalement en tort et me donnais ainsi raison : ils ne m'aimaient pas vraiment. Et je le méritais.

 

 

Sauf que, pour la première fois de ma vie, on n'a pas répondu à mes attaques comme je l'attendais. Le miracle est arrivé, la preuve du contraire qui allait faire tomber toutes mes croyances.


Alors que je continuais à être agressive avec mes amis, à essayer de justifier le mal que j'avais fait, certains, me voyant seule et à terre, sont revenus, ont pris sur eux pour me réconforter. Sans pour autant m'excuser, ils ont été là pour moi, m'ont soutenue. Pas par faiblesse ou vengeance, mais juste par amour. Pour la première fois de ma vie, des gens que j'aimais vraiment, des gens totalement bienveillants, ne m'abandonnaient pas, ne me blessaient pas après avoir vu mon monstre. Alors que j'avais tout fait pour. Tout, jusqu'à le sortir entièrement. Partagée entre soulagement, haine et culpabilité, mon inconscient n'a rien compris. Il ne comprenait pas comment je pouvais continuer à recevoir de la bienveillance malgré mon comportement. Alors que je pensais tout savoir, tout anticiper, connaître tous les fonctionnements, visiblement j'avais tort, au moins sur ce point. Mon ego avait toujours cru que si je montrais mon vrai moi, je serai abandonnée ou qu'on me ferait du mal. L'humanité n'était pas si pourri que ça. Je n'étais pas si détestable que ça. Tout a alors bugué en moi. Mes croyances ont commencé à tomber. Trois semaines plus tard je rencontrais celle qui m'a fait comprendre ce que mes amis me répétaient mais que je ne voulais pas entendre. Trois semaines plus tard, je rencontrais l'une de ces personnes que le destin met sur ton chemin pour changer ta vie. Plus sûre de rien, j'étais enfin prête à écouter.


Suite et fin du témoignage au prochain épisode (parce que quand c'est trop long, vous ne lisez pas, je vous connais)

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