Avant, je culpabilisais pour tout

Aujourd'hui je vais vous raconter une petite histoire.
Avant, je culpabilisais pour tout.

Et quand je dis tout, c'est tout. Et ce, depuis toujours.

Coupable de ne pas réussir à dire non, ou de ne pas dire oui, coupable d’être une mauvaise personne, ou d’être trop gentille, coupable de mentir, ou de dire la vérité, de prendre du plaisir, ou de me faire du mal, d’être trop sensible ou trop dure, enfin bref, coupable de tout et son contraire, du trop bien, au pas assez.


Alors que certains ne se sentent jamais coupables de rien, quand bien même on le leur dit, pour moi, y'avait même pas besoin de me reprocher quelque chose pour que je doute de tout ce que je pouvais bien faire ou penser.

La vérité ? C'est que depuis toujours je me trouve nulle, trop ou pas assez, que je me demande tout le temps ce que j'ai fait de mal et ce que j'aurais pu faire de mieux. Essayant même de deviner avant même qu'on me le dise ce que les gens attendent de moi, pour anticiper.

Alors vous allez me dire : « mais pourquoi elle culpabilisait autant cette illuminée ? Ça va, détends toi du slip, personne n'est parfait. »

Et bah, figurez-vous que, jusqu'à l'année dernière, je ne savais pas (je déconne pas) qu'on avait le droit de ne pas être parfait.

En fait, depuis toute petite, dans ma famille (d'un coté du moins) et dans la société en général anyway, c'est jugement land : faut être le meilleur, faut toujours être tiré à quatre épingle, faut bien se tenir, réussir à l’école, dans la vie, ne jamais se plaindre, bien se marier, bien travailler, ne pas se droguer (of course) et j'en passe, et j'en passe. Et du coup, bah, évidemment, à force de ne pas y arriver (parce que je préfère encore être libre et chialer, tu vois) et d'être jugée, bah j'ai jamais appris à aimer qui j'étais (ou ce que je faisais).

Et quand on ne s'aime pas, on essaie à tout prix d’être une personne aimée des autres et donc on fini par tout de même tout faire pour les contenter (tout en essayant d’être quand même libre, je vous raconte pas le merdier.)

Mais comme jamais personne n'est jamais satisfait (trait typiquement humain bien entendu) bah on n'est nous-même jamais satisfait, et hop, on se met à se juger et le cercle vicieux est enclenché.

Parce que, oui, la culpabilité, au-delà des normes à ne pas transgresser que nous impose la société telles que ne pas mentir ou ne pas tuer, c'est surtout une histoire de trop grandes exigences envers soi-même, une histoire de normes qu'on s'est nous même imposées.

Mais, il y a 2 ans comme vous le savez, j'ai craqué. J'ai craqué parce que j'en faisais trop, j'ai craqué parce que je me mettais trop la pression, parce que j’écoutais trop les autres, parce que je voulais trop bien faire, parce que je voulais contenter tout le monde (quand bien même personne me le demandait), parce que je passais ma vie à culpabiliser.


Et j'ai dû tout laisser tomber.



Alors, si au début, évidemment, j'ai énormément culpabilisé de ne rien faire et de craquer, j'ai fini par comprendre que c’était justement parce que je passais ma vie à me (et me sentir) juger que j'avais craqué. Et j'ai alors entrepris de me foutre un peu la paix (et pour les « pas contents » : de les envoyer chier).

J'ai réalisé que plus je culpabilisais, plus je m'en voulais. Plus je m'en voulais, plus je me punissais. Plus je me punissais, plus je pensais ne pas être assez bien, plus je voulais devenir quelqu’un de bien pour me rattraper et, donc, plus j'en faisais.

Sauf qu'en fait, j’étais déjà quelqu’un de bien, et que je n'avais pas besoin de me crever à le prouver, mais ça je ne l’avais pas encore réalisé.

J'ai compris que toutes les choses que je ne réussissais pas dans ma vie (genre me marier, faire des études, avoir une vie rangée, ou encore être tout le temps gentille avec tout le monde, trop travailler, faire du sport, gagner beaucoup d'argent, ne pas trop sortir, enfin bref, tous les trucs demandés par une société et une famille normées) je ne les réussissais pas surtout parce que je n'avais pas envie MOI (mais que c'était la projection de souhaits d'autres personnes sur moi, donc.) de les réaliser.

En réalité, j'avais passé toute ma vie à écouter les autres et à me remettre en question pour les contenter. J'avais passé ma vie à vouloir convenir à tout le monde et à me demander ce que j'avais fait de mal pour ne pas y être arrivé.

Sauf qu'en fait, bah, c'est pas ça la remise en question, mais alors PAS DU TOUT. La remise en question ce n'est pas écouter tout le monde, tout prendre pour soi, culpabiliser de tout ce qu'on aurait pu faire de mal, ou réaliser les projets des autres pour s'adapter. La remise en question c'est avant tout apprendre à se connaître pour vouloir devenir une meilleure personne certes, mais selon ses propres envies et capacités.


La remise en question c'est se demander si on a fait de son mieux, et si ce n'est pas le cas (en réalité ça l'est souvent), c'est se dire qu'on fera mieux la prochaine fois, et surtout, se pardonner.




Aujourd'hui, grâce à différentes techniques de thérapies j'ai appris à prendre confiance en mon moi intérieur, à connaître mes réelles envies et à croire en mes capacités. Si avant je pensais qu'elles étaient soit illimitées, soit à chier (j'oscillais constamment entre sentiment de supériorité et d’infériorité), aujourd'hui j'ai appris à reconnaître mon réel potentiel. Je sais donc quand je fais de mon mieux et les limites à ne pas dépasser.

Et vous voulez que je vous dise ? Et bah tant pis si notre mieux du moment (parce qu'on est fatigué, stressé, ou juste qu'on n'a pas envie) ne convient pas à nos patrons, nos clients, nos parents, nos mecs, nos amis, nos amants, le plus important c'est notre bien-être et notre santé.

Alors, bien-sûr, je continue encore à culpabiliser pour pleins de choses car c'est mon fonctionnement quasiment inné et que cela prend énormément de temps de se défaire de ses vieilles croyances, et puis que, bon, la culpabilité ça a quand même du bon de temps en temps quand les autres estiment qu'on leur a fait du mal (du vrai hein), mais petit à petit, c'est de mieux en mieux car j'apprends à discerner le vrai mal de tous les reproches infondés.

Aujourd'hui, dès que je rechute et je commence à me sentir coupable pour rien, je me rappelle très vite, que je n'ai fait de mal (ni physique ni moral) à personne (c'est le principal) et je décide, donc, assez rapidement finalement (proud of myself) DE ME FOUTRE LA PAIX.

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