Les mécanismes de l'addiction

La semaine dernière je vous parlais de mon addiction au sucre, addiction mauvaise pour ma santé (si tant est que le contraire soit possible), addiction dont j’essaie, donc, de me défaire. Cette addiction je ne suis pas la seule à l'avoir, on est beaucoup dans cette situation, mais, pour la plupart, c'est bien la seule je crois, ce qui est loin, malheureusement, d’être mon cas. Mon problème, à moi ? Je suis addict à à peu près tout ce que je touche depuis ma tendre enfance. Sucre, adrénaline, dermatillomanie (se gratter la peau), télévision, puis internet, puis réseaux, cocaïne, amour, travail, nettoyage obsessionnel, bouffe en général, clopes, Nicorette (en même temps, tout à fait) Coca, et même, eau (oui, oui) etc, etc... C'est bien simple, les seules que je n'ai pas, sont : soit celles que je contrôle depuis le commencement, terrorisée à l’idée de mal finir (bédo, alcool), soit celles que je n'ai jamais commencées, sachant pertinemment que je tomberais dedans, sinon (médicaments, héroïne, jeux). Je peux vous dire que se battre au quotidien contre une vingtaine, voire une trentaine d'addictions, c'est compliqué, encore plus quand elles sont destructrices. Mais, comme je suis forte, avec les années, j'ai réussi à me détacher de certaines, à mieux les contrôler, du moins, à trouver des subterfuges pour ne pas être tentée. J'en ai gagné des nouvelles aussi, beaucoup plus saines qui en remplacent d'autres, y'en a qui partent et qui reviennent, j'ai des rechutes, mais de moins en moins fortes, bref, petit à petit c'est quand même de mieux en mieux. Mais, même si je suis fière de moi, de tout ce travail accompli pour me contrôler, dans le fond, je le sais, le problème est toujours là, si je lâche prise, tout peut repartir comme avant.

Car le problème, ce n'est pas vraiment l'objet de l'addiction, mais bien le mécanisme en lui-même. Je suis quelqu’un au tempérament extrême (passionnel si vous voulez quelque chose de poétique, obsessionnel si vous préférez le pathologique), les addictions, je tombe facilement dedans, c'est comme ça, c'est un fait.

Il paraît que c'est génétique. De mauvaises connexions neuronales expliqueraient un attrait pour la dépendance. Au même titre que l'hypersensibilité expliquerait nos sautes d'humeur... Ça serait p'tet lié à l'environnement aussi, enfin bref, ça serait pas vraiment de ma faute, mais la faute à mon cerveau, hé ouais.

Mais alors, si le problème ce n'est pas le sucre, la clope, ou la cocaïne, ou même ma faiblesse d'esprit, mais bien mon fonctionnement inné, ça voudrait dire que la solution ne serait pas, non plus, de constamment se battre (au risque de s’empêcher de vivre) pour essayer de les contrôler ?

Et si la solution c’était de comprendre comment l'on fonctionne pour essayer de changer son fonctionnement inné (et j'ai bien vu ces derniers mois que c’était possible) en étudiant les mécanismes-même de l'addiction, en observant ses conséquences sur ma santé et mon mental, et en fouillant dans mon cerveau pour connaître ses origines et enfin y trouver les réponses les mieux adaptées ?

 

L'addiction, qu'est-ce que c'est ?

Dans sa définition, l'addiction est une dépendance très forte à une substance ou autre, entraînant une conduite compulsive. En gros, ça veut dire qu'on est tellement attaché à quelque chose qu'on ne peut pas s’empêcher de le faire. Que ce soit bon ou mauvais pour nous. Généralement, c'est quelque chose qui nous procure du plaisir, que ce soit un produit ou une activité, et dont on tire un intérêt bref ou sur la durée : chocolat, clope, drogue, sexe mais aussi sport, amour, eau, fruits etc...

 

Comment ça fonctionne ?

Pratiquer cette activité, fumer ce joint, boire ce verre, faire cette séance de sport, faire ce câlin, manger ces chips, activent un neurotransmetteur associé au plaisir : la dopamine. On se sent instantanément bien, on est heureux. Le cerveau va alors en redemander, plus ou moins rapidement et fortement, selon l'individu. Lorsque l'on tombe dans un usage excessif, puis pathologique de ces pratiques, au dépit des dangers et des conséquences néfastes sur notre vie, on parle alors d'addiction. Les sujets au dysfonctionnement initial du cerveau, ou en situation de manque physique due a la prise de drogues, (ou les deux), vont être plus sensibles aux messages de bien-être envoyés par les neurotransmetteurs et vont alors tout faire pour retrouver cet état de soulagement. Lorsqu'on connaît des moments de fragilité, l'envie de l'amour des autres, de manger, de se faire vomir, de s'arracher les cheveux, de fumer une clope, etc... vient alors instantanément au cerveau si cette activité nous a fait du bien dans le passé.

Dans le cas des substances, face à la répétition de ces comportements, le cerveau développera, en plus, une tolérance de plus en plus forte, ce qui le poussera à réclamer des doses plus importantes pour obtenir le même degré de plaisir. Sympa, sympa, cette merde.

 

Est-ce si mal que ça ?

Le véritable problème est lorsque l'objet de l'addiction nous fait du mal, ce qui est très souvent le cas. Mais que ce soit quelque chose qui nous en fait directement et instantanément comme s'arracher les cheveux ou se faire vomir, ou quelque chose qui nous en fait uniquement lorsque nous partons dans les excès, comme manger ou boire de l'alcool, dans tous les cas, le fait d'avoir un comportement compulsif est mauvais. Même le sport ou l'eau, consommés à outrance peuvent être destructeurs pour notre santé. Faire du shopping au point de vider son compte bancaire, ou multiplier les partenaires sexuels auront, quoiqu'il arrive, des conséquences défavorables sur notre vie. Donc, en soit, une addiction est toujours mauvaise. Point. (Nan, parce qu'on vous voit les addict au sexe, avec vos excuses-là.)

 

Comment s'en défaire ?

Si le problème en soit n'est pas vraiment l'objet de la dépendance, mais bien le fonctionnement de notre cerveau, certaines substances particulièrement addictives (car particulièrement procuratrices de plaisir) nécessitent un contrôle, voire un arrêt définitif, avant même de régler le problème de fond, si on ne veut pas mourir demain. Les alcooliques ou les héroïnomanes ont tendance à stopper ces substances pour ne plus jamais être tentés de sombrer dans la dépendance, celles-ci se montrant trop fortes et eux, trop faibles (enfin, leur cerveau), pour résister à la tentation. Or, tout le monde ne tombe pas dans l'alcool ni même dans l’héroïne après y avoir goûté (ils sont rares, mais ils existent), ce qui prouvent bien que certaines personnes n'ont pas d'attrait particulier à la dépendance et que ces produits ne sont pas dangereux pour tout le monde. Si vous voulez mon avis, les méthodes utilisées par la plupart des médecins, que sont la médication ou l’arrêt forcé de ces substances, ne sont que le traitement des symptômes et non de la maladie en elle-même (même si c'est quand même bien de le faire si pas le choix, hein). Dans le fond, le problème restera toujours présent et au prochain coup-dur le risque est de retomber.

 

Des solutions existent pour s'attaquer au véritable sujet qu'est ce fonctionnement neuroatypique qui mène a l'addiction.

L’addiction serait due à une trop forte connexion entre les neurones qui se baladent dans le système de récompense du cerveau. Des chercheurs ont prouvé qu'une stimulation cérébrale profonde par la pharmacologie ou à l'aide d'impulsions électriques à haute fréquence permettrait de ralentir ces connexions. Pourquoi pas, mais, personnellement, ça me fait peur. J'ai toujours préféré trouver des solutions naturelles à mes problèmes par la thérapie, le développement personnel ou encore la médecine douce.

L'hypnose par exemple, a également fait ses preuves. Le thérapeute va insuffler à son patient de nouveaux schémas de pensées permettant ne plus avoir envie de se détruire. Croyez-moi, ça marche. Faire un travail sur soi, explorer son subconscient fonctionne aussi. Si on est conscients d'avoir un attrait pour l'addiction, vouloir se faire du bien en apprenant à s'aimer et se pardonner permet de remplacer une mauvaise addiction par une beaucoup plus saine. Se rendre compte, aussi, qu'on est un peu feignant et qu'on préfère tomber dans des plaisirs faciles mais destructeurs plutôt que dans des plaisirs qui demandent des efforts comme le sport par exemple, permet aussi de nous mettre un petit coup de pied au cul qui fait pas de mal.

 

Pour ma part, maintenant, quand je sens que je vais faire quelque chose qui va me faire du mal j'essaie de me rappeler d'autres activités qui me procurent du plaisir mais qui ne m'en font pas. J'ai appris à aimer méditer, marcher, faire du sport, manger mais des choses saines etc... Et, aujourd'hui, j'en tire même encore plus de plaisir que quand je prenais un taz en soirée. Si si je vous jure c'est vrai. Comme quoi, tout est possible !

 

Comme je le répète depuis des mois dans mes chroniques, le secret est d'apprendre à s'aimer, une fois que c'est le cas, on a de moins en moins envie de se faire du mal, voire de plus en plus envie de se faire du bien, donc ne plus en plus envie de faire des efforts pour et on trouve alors beaucoup plus facilement les solutions pour apprendre à se gérer. CQFD.

 

Sources : Pulsations.hug.ch, frcneurodon.org

 

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