Prise de conscience de son vrai soi, ce déclic qui mène à l’éveil spirituel (partie 1)

by France Missud 

L’éveil dans une définition beaucoup plus réduite que sa réelle définition si large et complexe, est ce déclic qui te fait comprendre que t'avais rien compris. C'est une ouverture d'esprit, une prise de conscience de nous-même puis de tout ce qui nous entoure, un chemin vers la vérité, vers la libération. L’éveil c'est admettre que nous ne savons rien et avoir envie de tout découvrir, c'est réaliser qu'il y a quelque chose de plus grand, s'ouvrir à de nouveaux horizons.

Si la compréhension de l’éveil est la même pour tout le monde, il s'exprime différemment selon les personnes. Pour ma part, il s'est matérialisé sous la forme de la connaissance de mon vrai moi intérieur. La véritable prise de conscience, ce déclic, est donc, apparu quand j'ai réalisé que je ne me connaissais pas et que je m’étais menti toute ma vie. Si cette croyance si forte, cette définition que je donnais à mon ego, à qui j’étais, n’était pas la réalité, alors c'est que tout était peut-être mensonge. Comprendre alors que je ne pouvais être sûre de rien a été une révélation, un choc, qui m'a fait remettre en cause toutes mes croyances. Dans cette chronique, je vous parle de ce mensonge, de ce sommeil qui a régi toute ma vie, puis de ce réveil qui a tout changé.

 

France Missud eveil a la menthe

 

Nous refoulons notre vraie nature : comment je me suis endormie

Trop curieux, trop excité, trop émotif, trop bavard, pas assez sage, pas assez bien élevé, pas assez mignon, dès les premiers mois de notre vie, on entend que ce qu'on est ça déplaît, ça agace, ça irrite, et que ça serait pas mal qu'on arrête d’être qui on est, car nos parents, notre environnement, la société, ils ont déjà assez de problèmes pour avoir, en plus, à nous supporter. Depuis tout petit, on nous fait beaucoup de reproches, on nous met de coté, on nous punie et on comprend très vite, après quelques tentatives de rébellion (les pleurs, la colère, les caprices, tout ça, tout ça) que si on veut être aimé va falloir s'adapter. C'est ainsi que notre ego ̶ ce truc qui nous permet de nous protéger tout au long de notre construction – parce qu'il a peur (de l'abandon, du rejet...) nous oblige à nous oublier pour rentrer dans le moule, pour être accepté. Et même si parfois, ça ressort, qu'on se rebelle, qu'on explose, que notre vrai nous hurle pour se défendre, au final, parce qu'on ne veut plus souffrir, on se plie aux exigences de la société. On le fait en enfilant : masque (voir chronique sur les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même), costume, carapace, mécanisme de défense, déni, appelez ça comme vous voulez.

Et à force de faire semblant, de se restreindre, d'enfiler nos masques, que ce soit parfois ou constamment, on fini, en grandissant, par être perdu, jusqu'à carrément ne plus savoir qui on est. Ne pas être éveillé c'est avoir fait semblant, depuis si longtemps, depuis toujours, qu'on ne sait même pas que c'est possible de ne pas jouer de rôle et qu'il existe un vrai soi enfoui bien profondément qui ne demande qu'à se libérer.

 

 

 

Nous passons notre vie dans le déni : pourquoi ai-je rêvé si longtemps ?

Mon cas est particulier (mais loin d’être unique) car fille d'une mère dans l'incapacité d’élever ses enfants et d'un père absent au quotidien, j'ai démarré dans la vie sans aucun repère sain. Si tout le monde, ou presque, se construit une carapace et que le mécanisme est toujours celui de la protection, les enfants s’étant construit sans adultes de confiance et dans la violence et la peur vont nourrir une armure beaucoup plus solide et donc beaucoup plus difficile à déconstruire. Ou alors ils virent psychopathe, s'ils ne reçoivent pas d'amour. Heureusement, j'en ai reçu beaucoup. Ouf, j’étais pas loin. (Oui en vrai c'est beaucoup plus complexe que ça, et non je ne suis pas psy)

On peut être conscient ou non de ces mécanismes, mais jamais vraiment dans leur globalité.

Dès le plus jeune âge, comme quasiment tout le monde, à force de remarques, j'ai compris qu'on ne pouvait pas vraiment être qui on était. Seulement, à coté de ça, les traumatismes que j'avais vécu ̶ et de façon plus brutale que la moyenne du fait de mon hypersensibilité ̶ avaient déjà, toute petite, rempli mon cerveau de violence et autres images qu'on a envie de refouler. J'ai tout de suite, à tort, associé ces « mauvaises » pensées à ma personnalité, et j'ai tout mélangé. Pleine de culpabilité (pour des choses dont je n’étais pas coupable évidemment mais on ne le comprend qu’après) mon inconscient a cru que c’était pour cette raison que je devais me cacher. Durant toute ma construction jusqu'à l’âge adulte, dès qu'on me faisait des reproches, je les écoutais. Comme je ne savais pas si j’étais une bonne personne ou non, c'est que ce que les autres disaient était peut-être vrai. Consciente de façonner ma personnalité pour ne pas qu'on découvre que j’étais peut-être une mauvaise personne, pour qu'on m'aime, et qu'on ne me rejette pas, j'ai donc grandi en me remettant en question a travers les autres au lieu d'apprendre à me connaître. J'ai donc très tôt été lucide sur le fait de porter un masque pour cacher quelque chose mais je ne savais pas que c'en était un, ni ce qu'il cachait. À chaque nouvelle souffrance, peur, remarque blessante, que mon gros ego vivait, et ne voulait donc pas revivre, il analysait la situation, l'enregistrait et apprenait à y répondre. Afin de pouvoir anticiper la prochaine « attaque » il ajoutait donc à chaque fois une couche de plus à mon armure.

Dès que j'ai compris, vers l'âge de raison que je cachais quelque chose, j'ai eu tellement peur de découvrir un monstre que j'ai tout fait pour ne pas le libérer. Dormir, a été la meilleure façon pour mon ego d'hypersensible, de me protéger des souvenirs de mes trauma et de ce que je pensais être mon vrai moi : une personne dégoûtante ne méritant pas de vivre. Persuadé que je survivrai pas à la vérité, il n'a jamais voulu me réveiller. Dormir c’était préférer penser que mes masques étaient ma vraie personnalité, car c’était plus simple d'aimer une fiction satisfaisante que d'affronter la dure réalité de ne pas se pardonner et donc de ne pas s'aimer.

 

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Parce que j'ai grandi avec tout un tas de peurs qu'on a jamais rassurées, mon ego avait un sacré paquet de truc à défendre et il a trouvé une solution miracle pour y remédier. En plus d'avoir cette énorme qualité de combler un manque d'amour que je ne me portais pas, donc être aimée de tous, c’était pratique, ça m’enlevait, d'un coup, pleins de potentiels dangers : agression, l'abandon, le rejet etc... j'ai donc appris à manipuler mes vrais ou potentiels futurs agresseurs (blessée et enragée, j'en trouvais beaucoup) pour qu'ils m'aiment. Les seuls que je ne tentais pas de manipuler étaient ceux ne m'ayant pas fait de mal ou que je considérais comme des cœurs purs. Ceux chez qui je ne décelais aucune malveillance et ils étaient rares, croyez-moi. Bien-sûr, je ne savais pas que je le faisais pour me défendre, tout ce que j'arrivais à analyser, c'est que je le faisais, point. Cela m'a évidemment amené à me demander pourquoi j’agissais ainsi et culpabiliser encore plus. Vers mes dix-neuf ans, je me suis mémé réellement demandé de quelle coté de la barrière je voulais me placer, tantôt violente et manipulatrice, tantôt à vouloir sauver la terre entière, je me suis dis qu'il était temps de choisir. Ça a été une première étape, après avoir tenté la malveillance je me suis rendu compte que je n'arrivais pas à faire du mal délibérément, trop empathique je ne supportais pas voir quelqu'un souffrir, encore moins par ma faute. Je me suis un peu rassurée mais je n'ai toujours pas osé aller vraiment vérifier qui j’étais et j'ai continué à cacher certains traits de ma personnalité. Bien entendu, je pensais que tout le monde agissait comme moi, que c’était la normalité et que je me trouvais juste un peu plus douée dans l’exercice. Pour moi, l’être humain était mauvais de base mais il demeurait libre de choisir quelle personnalité il voulait endosser. Pour moi, on se façonnait une personnalité car notre instinct animal était pourri, que c’était ça le progrès, l’évolution, ce qui avait fait que nous étions passé du stade sauvage au stade civilisé. Persuadée que personne n'osait le dire, et fervente défenderesse de l’honnêteté, j'ai plusieurs fois essayé d'en parler autour de moi. Pensant trouver en retour du soutien, des aveux, « oui, nous faisons tous semblant France, ne t’inquiète pas » je n'ai finalement, longtemps, trouvé que des regards horrifiés : « comment ça, tu manipules les gens ? ».

À la suite de ces remarques, ne trouvant personne ne fonctionnant comme moi, je me suis encore plus pensé psychopathe, perverse narcissique ou malveillante, ce qui a contribué à une construction d'une carapace encore plus carabinée. Je ne voulais surtout pas qu'on voit le monstre que je pensais avoir en moi, je ne voulais surtout pas me réveiller. À force de faire semblant d’être gentille avec les agresseurs pour faire appel à leur empathie, je ne savais plus si je l'avais déjà été un jour, à force de me rabaisser avec les jaloux pour qu'on arrête de me critiquer, j'ai fini par y croire, à force de prendre du plaisir à être mauvaise avec les méchants pour me venger, je ne savais si je l’étais dans mon entièreté.

 

 

C'est à trente-et-un ans que j'ai enfin terminé la création de cette super carapace, que j''ai enfin fini de forger cette super personnalité. Après un ultime trauma que j'avais réussi à surmonter, je pensais que plus rien ne pouvait m'arriver. J'avais atteint mon paroxysme. Hypersensible mais surtout narcissique, je pensais avoir été la seule sur terre à avoir autant souffert, tous les trauma je les avais vécu, on ne pouvait pas faire pire. Et je m’étais remise de tout. J’étais la reine de la résilience. Ma carapace, c’était la plus forte du monde, la meilleure, la plus solide. Elle (je) correspondait, enfin, à la définition que je m’étais faite de la perfection. Je pensais être heureuse et complètement réparée. À force d'analyse sur moi-même et sur les autres je comprenais bien le fonctionnement du cerveau humain, j'avais donc réussi à m'adapter à chaque type de personnalité pour me faire aimer d'absolument tout le monde et j'avais même réussi à me déculpabiliser en usant de ma capacité à manipuler pour faire le bien et non plus que dans mon propre intérêt. Je croyais être devenue cette personne forte et bienveillante que j'avais toujours voulu être. Je passais beaucoup de temps à aider les autres, pensant avoir pour mission de sauver le monde et j'avais éliminé tous les problèmes de ma vie et même trouvé une solution à chaque potentiel nouveau danger qui pourrait arriver. Je vivais dans ma petite bulle de protection que je m’étais construite. Tout était parfait. Dans cette zone de confort, tout y était calculé et aucun risque n'y était pris : je ne m'autorisais ni à aimer, ni a faire confiance, ni à demander de l'aide, ni à lâcher prise, ainsi, on ne pouvait ni m'abandonner, ni me trahir, ni me reprocher quelque chose, ni me juger. En réalité, je venais de passer trente-et-un ans à faire semblant d’être quelqu'un d'autre, à m'oublier, à me sentir en état d'alerte constant, à vivre dans la peur, à être tendue et à ne m’autoriser aucun écart. À trente-et-un ans, crevé et dorénavant, en plus, vide de toute émotion, mon inconscient a décidé qu'il était temps d’arrêter les conneries.

Suite du témoignage au prochain épisode (parce que quand c'est trop long, vous lisez pas, je vous connais ;) )

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