Prise de conscience de son vrai soi, ce déclic qui mène à l’éveil spirituel (partie 4)

by France Missud 

 

D'abord je me suis endormie. Pour survivre, j'ai caché mon vrai moi au reste du monde mais surtout à moi-même. Pendant plus de trente ans, je me suis défendue en revêtant des masques de protection. Puis, j'ai, tout doucement, commencé à comprendre qu'une autre vérité existait. Intrigué et épuisé, mon inconscient a alors tout fait pour m'ouvrir totalement les yeux. En me rapprochant de mes semblables, en créant un cercle de confiance et d'amour dans lequel je pourrai m'exposer, il m'a permis de me mener à la libération de mon vrai moi. C'est finalement en apprenant à aimer ce vrai moi que je me suis réveillée. Dans cette quatrième et dernière partie de mon témoignage, je vous explique comment j'y suis parvenu et comment j'apprends, depuis, à vivre pour de vrai.

 

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L’éveil : comment j'ai enfin ouvert les yeux

Quand nos regards se sont croisés au fin fond de l’Ardèche, lors d'une soirée chez un ami commun, c'est comme si nous nous étions reconnues. Nous avons tout de suite eu envie de connaître l'autre, trop intriguées par nos personnages respectifs. La réalité c'est que mon inconscient me poussait à aller parler à cette fille car je sentais qu'elle pouvait m'aider. Très vite, au bout de quelques mots, elle m'a demandé pourquoi je me dévalorisais. Elle m'a rassurée, m'a dit que j'avais le droit à l'erreur et que je devais apaiser cette violence en moi. J'ai d'abord essayé de me défendre, par réflexe, par habitude, mais quand elle m'a invitée à me pardonner, j'ai éclaté en sanglots. Nous avons alors parlé pendant des heures des blessures que je n'avais pas digérées. Pour la première fois de ma vie je comprenais que je ne m'aimais pas. Grâce à cette fille m'ayant dit les choses que j'avais besoin d'entendre au moment où je pouvais les écouter, je l'admettais enfin. Je ne m'aimais pas.

Mais alors, si je ne m'aimais pas, qui était cette personne que je pensais aimer ? Et qui était ce vrai moi que je ne pardonnais pas ? Celle que j'aimais n’était pas moi-même mais la carapace que je m’étais construite, celle que je ne pardonnais pas, je ne la connaissais pas encore. Je commençais à tout déconstruire. À ouvrir les yeux.

Pendant les semaines qui ont suivi, gardant en tête ses mots, j'ai réfléchi à tout ce que j'avais fait dans ma vie, ce vocabulaire péjoratif, de destruction, de perfection, de force, de faiblesse que j'employais tout le temps. J'ai réalisé que j'avais passé ma vie à me détruire, à me battre, à me défendre, pensant que c’était comme ça qu'on devait vivre. Je me faisais du mal depuis toujours car je pensais le mériter. Car je me sentais coupable. J'ai commencé à tout remettre en question, toutes mes croyances, toutes mes vérités, tout m'est alors apparu potentiellement faux, j’étais complètement perdue. Je ne comprenais plus rien. Plus rien à moi, plus rien au fonctionnement humain, plus rien au monde, plus rien à ce que je croyais, plus rien à rien. Je me posais mille questions et surtout sur qui j’étais. Alors, quand quelques jours plus tard, j'ai rencontré un psychiatre, en soirée sur Paris, je lui ai sauté dessus. Je voulais qu'on m’explique, je voulais comprendre.

 

 

À ce moment-là je n'arrivais toujours pas à me faire ré-aimer de mon petit-ami. Il avait aimé la fille parfaite, dégageant des ondes positives et aidant son prochain, la femme forte qui ne craque jamais, mais il n'aimait, visiblement pas, le monstre en elle, qui pleure, qui crie, qui souffre. J'ai demandé à ce psychiatre pourquoi il n'avait pas d'empathie pour moi, pourquoi il ne me comprenait pas. Et quand il m'a répondu, tout simplement, qu'on ne fonctionnait pas tous de la même façon, pour une fois j'ai écouté. J'ai pensé à ces amis qui se montraient malgré tout bienveillants, contrairement à mon amoureux. Est-ce qu'ils me comprenaient car on avait la même sensibilité ? Le même parcours 

J'ai passé la nuit à lire des articles sur l'hypersensibilité et autres fonctionnements humain.

L'hypersensibilité, j'en avais déjà entendu parler, un ex avec qui je me sentais profondément connectée m'avait dit l’être, mais je pensais que c’était pour les faibles, pour que les gens trouvent des excuses à leur comportements de victimes. Cette fois, je me suis réellement intéressé à ces sujets, sans jugement, sur les autres ou sur moi-même. Et je me suis reconnue dans les descriptions, dans les témoignages. J'ai alors admis que peut-être je ne fonctionnais pas comme la majorité de la terre, que peut-être, moi aussi, j’étais faible, que ce n’était pas grave et qu'il y avait une explication.

À travers ces témoignages de personnes pour qui j'avais de l'empathie je me suis un peu aimée aussi. J'ai eu de la peine pour la petite fille que j'avais été. J'ai commencé à me pardonner. Mon vrai moi, c’était quelqu'un de gentil, sensible, bienveillant, mais, aussi, qu'on ne comprenait pas toujours, devenu agressif car apeuré, car ayant vécu dans la violence et la ressentant plus fort. Une enfant qu'on n'a jamais réussi à rassurer, car elle voulait, aussi, être rassurée sur des jugements silencieux, sur des choses que les autres n'exprimaient pas vraiment. J'ai enfin admis que tout le monde n'était pas capable d'autant d'empathie, qu'on ne voyait pas tous les non-dits, que ce n’était pas de leur faute, que ce n'était pas de la mienne. Depuis tout ce temps je ne me connaissais pas du tout et interprétais mal beaucoup de choses. Depuis tout ce temps je me trompais, je vivais dans le mensonge.

J'ai alors refait le film de ma vie, avec le prisme de mon fonctionnement différent et de mes pensées tronquées. Je me suis sentie bête lorsque j'ai revu toutes ces altercations que j'avais déclenchées, juste parce que j'avais vu les inconscients des autres parler. Et je le savais dorénavant, je ne détenais pas la vérité. Je ne savais rien. J'ai donc, sans plus me justifier, présenté mes excuses à ceux qui comptaient pour moi et que j'avais blessé, sans rien attendre en retour. Et, à mon grand soulagement, la plupart m'a pardonnée. J'ai alors compris que je pouvais être aimée, réellement pour moi, dans mon entièreté, pas par tout le monde mais par certains, et que je pouvais donc m'aimer aussi.

Grâce à ces amis, ces cœurs purs ne m'ayant pas abandonnée après avoir vu mon vrai moi, grâce à leur amour, à leur tolérance, et aussi leur départ puis leur retour, j'ai compris qu'une autre façon de vivre existait, que la violence, la protection n’était pas la réponse. Grâce à cette fille, j'ai appris que je ne m'aimais pas car je ne me pardonnais pas et grâce à ce psychiatre, j'ai compris, en partie, qui j’étais. Le monde, l'humain ne fonctionnait pas vraiment comme je le pensais. Il était possible d’être réellement heureux, apaisé, de ne pas vivre dans la souffrance ou dans la peur. Et la solution c’était accepter de ne pas tout savoir, d'écouter et d’être simplement en amour. Des autres, pour les autres, mais surtout pour soi.



La pleine conscience : comment j'apprends à vivre éveillée

« Dans ma définition, il s’agit d'une révélation. L’éveil spirituel est un chemin vers l’émancipation, nous permettant de revenir à notre authenticité, à notre ultime soi et se retrouver dans une ouverture pleine, en conscience, ou plus rien ne nous cloisonne. Sur le chemin, on apprend à dépasser ses croyances. L’éveil spirituel, c'est une démarche qui nous emmène à une révélation pleine de notre soi. » Sandra Dania.

La semaine d’après j'ai quitté ce petit-ami ne m'aimant pas vraiment, puis tout le reste. J'avais enfin compris que l'apaisement je le trouverai par moi-même et non plus chez les autres, de qui j'attendais toujours beaucoup trop. Pour une fois je ne fuyais pas, je retournais vers les choses qui me faisaient réellement du bien et m’éloignais des mauvaises. Il était temps que je m’écoute. Que je me découvre. Car la chose la plus importante dans cette vie c’était moi et non pas les autres.

Je me suis éloignée de Paris et rapprochée de cette famille que j'avais rejetée. Je ne répondais plus à leurs attaques et ne profitais que de leurs bons côtés. Trop fragile pour me reconstruire une vie, j'ai commencé à me reposer sur ceux qui m'aimaient vraiment dans mon entièreté, qui me pardonnaient mes erreurs et je leur pardonnais les leurs. Entourée et soutenue, j'ai pris du temps pour moi, pour me découvrir, pour apprendre. Moi qui me pensais trop bête pour emmagasiner des connaissances, j'ai beaucoup lu, beaucoup écouté, j'ai appris à croire en moi. Puis, j'ai commencé à avoir envie de me faire du bien, vraiment, pas pour avoir le corps ou la peau qu'il faut pour plaire. J'ai eu envie de manger sainement, nourrir mon cerveau de belles choses, mes yeux de belles images, ménager mon corps.

 

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Depuis j'apprends encore à me connaître et à me reconstruire une vie en fonction de mes réelles envies. Je reprends des forces, j'apprends à dire non, à connaître mes limites, à ne pas répondre à tout le monde, à éviter des situations qui me demandent trop d’énergie. Je cesse de trop donner aux autres et je m’éloigne des vampires énergétiques, ces mêmes vampires dont j'ai pu moi-même faire partie durant ma vie... Même si je n'y arrive pas toujours, j'essaie de ne plus faire de mal à personne, je prends conscience de tous mes actes et mes paroles, je ne fais plus rien sans me poser de questions. Je me sens réellement plus apaisée, plus détendue, j'ai l'impression que le meilleur est à venir, que la vie est infinie, les solutions infinies, l'apprentissage infini, la beauté infinie. Sans pour autant avoir tout arrêté de mon ancienne vie que j'aime toujours, je découvre de nouvelles expériences, comme la marche ou la méditation, je vois le monde autrement, je commence à croire à des choses auxquelles je n'avais jamais crues, à un autre sens de la vie.

Le chemin est encore long et semé d’embûches, c'est encore instable, il y a des rechutes, de vieux réflexes qui reviennent, je cède parfois à nouveau aux sirènes de la séduction, au besoin de reconnaissance, à mes peurs ancrées, mais, toujours en pleine conscience, je me pardonne et tâche de ne pas recommencer. Et je témoigne, même si je ne sais rien, juste de ce que j'ai appris, car peut-être cela ouvrira les yeux à quelqu’un, comme on a ouvert les miens.

Le meilleur est à venir. 🍃

Quelques livres pour s’éveiller :

  1. Le pouvoir du moment présent, Eckhart Tolle
  2. Le jour où je me suis aimé pour de vrai, Serge Marquis
  3. Les 4 accords toltèques, Don Miguel Ruiz
  4. La maîtrise de l'amour, Don Miguel Ruiz
  5. (Re) Connexion, Sandra Dania


Quelques pages à suivre qui font du bien :

  1. https://www.instagram.com/sadhguru.francais/
  2. https://www.instagram.com/tuvasprendresoindetoi/
  3. https://open.spotify.com/episode/4bzrQinVqVpy4THEHvYQox

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